La nouvelle chaire internationale Eco-innovation : Isabelle Nicolaï nous en parle
Source : APCE par Aïni Hannachi
CV : Isabelle Nicolaï est maître de conférences en Economie à l'université de Versailles St Quentin-en-Yvelines. Elle a été mise à la disposition du PRES UniverSud Paris, pour assurer la coordination de l'activité de formation, du fait de son expérience dans l'ingénierie pédagogique et le montage de formation. Elle est également directrice pédagogique de la nouvelle chaire internationale sur le management de l'éco-innovation.
Interview :
Pourquoi avoir mis en place une chaire internationale Eco-innovation ?
L'initiative vient de l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, très dynamique en termes de partenariats socio-économiques. Ce thème est très cher à sa présidente Sylvie Faucheux, l'Université étant reconnue pour son expertise en matière d'environnement et de développement durable.
Nous avons décidé de monter cette chaire dans le cadre du PRES*, car nous disposons ainsi d'une couverture plus large avec plus de 200 laboratoires de recherche, 50 000 étudiants, 5 800 enseignants chercheurs (dont 4 prix Nobel) et 3 000 thésards.
Quel est le rôle de la chaire ?
Elle a été mise en place pour soutenir une activité de recherche et d'expertise entre les laboratoires, le monde industriel, et celui du capital-risque entre autres, et pour la valorisation de la recherche. Car mettre en perspective la recherche fondamentale, les besoins des entreprises et l'anticipation de nouveaux métiers est indispensable pour nous aujourd'hui.
Le deuxième axe est le lancement d'un master international sur le management des éco-innovations, porté par la chaire. Dans ce cadre, les candidats auront à monter un projet innovant de l'amont jusqu'à l'aval du processus d'éco-innovation avec la définition du cahier des charges pour la création d'une start-up.
Pour aider nos jeunes dans la construction de ces projets, il y aura, autour d'eux, des chercheurs, des industriels et des représentants du monde financier (le monde du capital-risque et les Business-Angels se sont associés à la chaire). Avec ces trois tuteurs, un groupe d'étudiants accueillis dans une entreprise ou un laboratoire pourra développer une innovation.
Comme l'un des objectifs du PRES est la valorisation de la recherche, une fois qu'une idée innovante est validée, elle aura la possibilité de se transformer en création d'entreprise, intégrer un incubateur pour continuer son développement ou faire l'objet d'un essaimage par exemple.
On prévoit également de mettre en place un volet "formation continue" dans les domaines écologiques abordés par la chaire.
De quels moyens disposez-vous ?
Le budget annuel de la chaire est de 500 000 €, avec le recrutement d'un spécialiste international pour coordonner les différentes activités. Sur le plan du financement de projets, les Business-Angels nous ont rejoints assez facilement, car ils sont intéressés par des projets qui naissent de l'interaction entre la recherche, les idées et une application industrielle.
Quelles sont les activités promues par la chaire ?
Toute innovation qui peut avoir une implication dans la protection de l'environnement est recevable dans cette chaire. J'insiste sur "l'aspect large" de l'innovation, dans le sens où l'on y associe l'innovation sociale avec le développement durable par exemple.
Cette chaire mélange volontiers des profils "universitaires" et des profils "ingénieurs" pour donner un panel de compétences plus large. Car, qu'il s'agisse d'innovation technique ou organisationnelle, ce qui importe tout autant, c'est l'acceptation sociale. Ces volets accompagnent tous les projets systématiquement.
A quel moment a été lancée cette chaire ?
Elle est toute récente. Elle a été lancée en décembre 2008, à l'occasion d'une cérémonie à laquelle avaient participé nos cinq partenaires industriels que sont : Alstom, GDF-SUEZ, Italcementi, SAUR et SNCF.
Nous avons choisi, dès le début, des secteurs qui ne sont pas directement concurrents et qui restent complémentaires sur certains thèmes. Notre souci est de travailler sur des projets transversaux et de construire des problématiques communes. A titre d'exemple, l'une des préoccupations communes à nos cinq partenaires est la notion de "Ville durable" et d'"Eco quartier", sur laquelle va s'investir la chaire.
[1]* Le PRES est né de la volonté de six établissements : l'Université Paris Sud 11, l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, l'Ecole Normale Supérieure de Cachan, l'Ecole Centrale Paris, Supélec et l'Université d'Evry-Val d'Essonne. Une vingtaine d'autres membres s'y sont également associés.