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Autolib' sera effectif en 2010

Source : Novethic'Info n°3

Le projet parisien de voitures en libre services Autolib' devrait compter 4 000 voitures, réparties sur plus de 1400 stations. Directement inspiré du Velib', ce service de location à l'heure doit permettre, sans réservation préalable, d'emprunter un véhicule dans une station et de le restituer dans n'importe quelle autre.

Une voiture, à Paris, coûte environ 250 euros par mois à ses propriétaires. Du côté d'Autolib, « une tarification de l'ordre de 15 à 20 € par mois d'abonnement et de 5 à 4 € par demi-heure d'utilisation parait être un juste milieu » avance la Ville de Paris. Modulée pour les familles, les entreprises ou certains catégories d'utilisateurs, la tarification doit aussi inciter les usagers à interrompre la location lorsqu'ils stationnent, afin de rendre le véhicule disponible. Ce projet se veut doublement innovant. Tout d'abord, par la dimension de la flotte de véhicules envisagée, inédite à cette échelle. Et par l'ambition de fournir un parc de voitures « propres », peu polluantes car fonctionnant par exemple à l'électricité.

 

Sur les rangs
Plusieurs opérateurs, transporteurs et constructeurs se sont d'ores et déjà déclarés. Trois principaux groupements se distinguent. Un premier partenariat associant la RATP, la SNCF, Avis et Vinci Park. Un second, autour de Transdev, la filiale de la Caisse des Dépots déjà acquéreur en octobre 2008 de Caisse Commune, le leader français de l'autopartage. Et, en troisième, Veolia Transport qui s'appuie sur la Friendly, la voiture 100 % électrique conçue par le fabricant de véhicules « clés en mains » Heuliez, basé en Poitou-Charentes. Commercialisée pour février 2010, avec une batterie de 60 kg affichant un temps de recharge de deux heures, l'autonomie de la petite Friendly (3 pers.) serait d'au moins 100 km, pour une vitesse de pointe de 110 km/h. Amplement suffisant pour des petits trajets urbains.

 

Les noms de Dassault et de Bolloré circulent aussi. Notamment depuis que la SNCF a annoncé le test de vingt BlueCar électriques du breton Bolloré dans les gares de Rennes et Strasbourg en 2009. D'autres sont aussi sur les rangs, comme FAM ou MDI. La mini AirPod du célèbre constructeur de voiture à air comprimé est née de l'annonce du projet Autolib. Longue de 2 mètres pour 220 kilos, conçue pour 3 personnes et capable d'être rechargée en moins de deux minutes, l'AirPod cumule les avantages. Y compris celui de réduire l'emprise au sol des stations en évitant d'installer la coûteuse infrastructure nécessaire aux heures de recharge, donc d'immobilisation, des véhicules électriques.

Le maire de Londres veut aussi des voitures électriques
Apres l'ouverture d'un velib dans la City, prévue en mai 2010, le maire de Londres Boris Johnson étudie Autolib. Inspiré par le dossier parisien, Boris Johnson a annoncé le 25 février 2009 la création du London Electric Vehicle Partnership. Un groupe de travail pour encourager l'industrie automobile à adopter de nouvelles technologies et soutenir l'usage de véhicules électriques à Londres.

Syndicat mixte
« Avant de lancer l'appel d'offres, il faut d'abord mettre en place l'outil institutionnel et juridique qui l'accompagnera, précise Sylvain Marty, chef de projet Autolib à la Ville de Paris. Cet appel à candidatures et le transfert de compétences qu'il représente correspond à une procédure de délégation de services publics, géré par un syndicat mixte, intercommunal. »
Dans chaque commune, selon le nombre de stations prévues – un engagement pris lors de l'adhésion au syndicat, une subvention publique d'investissement est promise au délégataire privé, plafonnée à 50 000 € par station Autolib' (soit, pour les 1400 stations projetées, une subvention globale de 70 millions d'euros) et directement versée au délégataire du service par les communes adhérentes au syndicat mixte. « Les communes toucheront en contrepartie une redevance d'occupation du domaine pour les stations situées en voirie. Sur une base de 750 euros par place et par an, une station de 6 places - c'est la moyenne - générera 4500 €/an de recettes. » Autrement dit, entre la redevance et la subvention, pour une commune qui choisit d'entrer dans le dispositif, le coût d'Autolib revient à une dépense de 1500 euros par an et par station, calcule le chef de projet de la Ville de Paris.

 

Après le feu vert de la Ville de Paris, en février dernier, sur la demande de création et son adhésion au syndicat mixte, les 80 autres communes consultés parmi les 220 de l'agglomération francilienne ont jusqu'à fin mars 2009 pour y adhérer. Une quarantaine ont déjà donné leur accord. « L'appel à candidatures est prévu au second trimestre et durera jusqu'à fin septembre 2009, » détaille Sylvain Marty. Suivra une période de négociation de plusieurs mois en 2010, avec une signature de contrat en juin. Et une mise en service fin 2010.

Maxence Layet