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Source : par Véronique Smée, Novethic n°368

Intitulée “Sous le feu des ondes”, une enquête diffusée sur Arte le 22 juillet prochain, dresse un état des lieux des connaissances scientifiques sur les impacts des champs électromagnétiques. Sans parti pris, ce documentaire montre les enjeux sociaux, économiques et de santé publique liés au téléphone portable, appuyé par les commentaires de chercheurs spécialisés.

Qu’est-ce qu’une onde magnétique? Qu’est-ce que le “Das”? L’électrohypersensibilité? Les effets non thermiques? « Sous le feu des ondes » * aborde toutes ces questions, en montrant également la confusion qui règne aujourd’hui sur les réponses apportées par la communauté scientifique. Alors que la société attend des réponses, les chercheurs, eux, continuent à chercher… Et tentent de répondre à des questions d’une importance majeure : Comment les ondes interagissent-elles avec les organismes vivants ? Les rayonnements auxquels nous sommes exposés continuellement sont-ils perçus par les cellules humaines ? Quels sont les impacts sanitaires ?
En faisant état des recherches menées à travers le monde, ce documentaire donne au spectateur des clés pour connaître les impacts supposés et partiellement prouvés des champs électromagnétiques sur le cerveau humain. Et, comme la plupart de ces études, il ne tranche pas mais soulève des interrogations sur les risques réels que nous encourrons. Andrew Marino, chercheur qui a consacré sa vie professionnelle au sujet, rappelle également les enjeux économiques qui pèsent sur ces recherches. « Il y a 35 ans, lors de mes premières recherches, j’étais déjà victime des insultes des industriels, sans analyses ni arguments »,raconte-t-il. Andrew Marino continuera à accumuler des indices et a publié 150 articles depuis, à contre courant des propos rassurants des opérateurs de téléphonie.
Si, dans les années 70, les scientifiques ont statué en affirmant que la faible dose d’énergie produite par les ondes ne pouvait pas affecter le corps humain, ce constat a volé en éclats depuis. D’abord, en raison de la multiplication des appareils électroniques dans notre environnement, et ensuite parce que la norme internationale d’exposition du corps, - le DAS (Débit d’absorption Spécifique)-, est insuffisante. Comme le montre le documentaire, les ondes ont en réalité des effets en dessous cette limite maximale, définie par les opérateurs et les autorités sanitaires. D’autres effets biologiques, en dehors d’un échauffement de la peau ou des organes exposés, ont été constatés : des études montrent que l’exposition à des micro-ondes de faible intensité sur des plantes entraîne, dans les minutes qui suivent, des réactions de stress à, par la fabrication d’une protéine caractéristique d’une agression extérieure. Le biologiste Alain Vian a ainsi relancé le débat, en démontrant que les organismes vivants réagissaient aux ondes, sans pour autant en conclure que ce stress était "délétère" . Le neurologue suédois Olle Johansson, qui se bat pour la reconnaissance médicale et sociale de l' "hypersensibilité" aux ondes électromagnétiques est quant à lui plus catégorique, même si ce phénomène reste aujourd’hui encore une énigme médicale. Pour lui, le principe de précaution doit, quoi qu’il en soit, être appliqué, pour éviter de revivre un scandale sanitaire comme ce fut le cas avec l’amiante. Les citoyens ont le droit de savoir à quoi ils s’exposent et quels sont les risques, soulignent en substance certains scientifiques, tandis que d’autres estiment que les preuves restent insuffisantes pour alerter l’opinion publique. Trop tard, sans doute, car l’opinion s’inquiète déjà et attend des réponses, scientifiques et politiques.

 

*Le 22 juillet à 22H 15. Un documentaire écrit par Véronique Gaboriau, Maxence Layet et Jean-Christophe Ribot, réalisé par -Christophe Ribot. Production : Arte France, Mosaïque Films (2009-52 mn).

Source : par Florence Evin, LE MONDE 14 juillet 2009
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Le déménagement et le reclassement des collections de l'Herbier national du Jardin des plantes, à Paris, donneront naissance au plus complet des herbiers mondiaux accessibles sur Internet. "On va avoir 8 millions d'images, chaque planche sera photographiée sur le site Web du Muséum", s'enthousiasme Jean-Michel Guiraud, directeur des collections du Muséum national d'histoire naturelle. L'information sommaire de l'étiquette qui accompagne chaque spécimen n'a pas été revue depuis vingt ou trente ans.

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Source : http://www.journaldelenvironnement.net

Le gouvernement a clôturé hier le «Grenelle des ondes» en annonçant dix pistes d’action, notamment un test de réduction du seuil d’exposition aux ondes des antennes-relais ainsi que l’interdiction des portables dans les écoles. Sans satisfaire toutefois les associations ni pallier le risque juridique pour les opérateurs.

Qui a reçu le «Grenelle d’or»? Contrairement à la cérémonie de clôture du festival de Cannes, la réunion finale de la table ronde «Radiofréquences, santé, environnement», lundi 25 mai, ne permet pas de dresser un bilan clair des vainqueurs et des perdants. Les débats ouverts le 23 avril dernier visaient à répondre aux inquiétudes respectives des riverains d’antennes, des élus et des opérateurs de téléphonie mobile par le dialogue et l’identification des consensus.

Mais le débat sur les impacts sanitaires potentiels des ondes, réclamé par les associations, n’a finalement pas eu lieu. «La table ronde n’avait pas pour but de réaliser une expertise scientifique», justifie Roselyne Bachelot, ministre de la santé. Les autorités estiment, «qu’en l’état actuel des connaissances, l’hypothèse d’un risque pour la santé pour les populations vivant à proximité des antennes-relais ne peut être retenue». Elles s’en remettent toutefois à la publication du rapport de l’Afsset en septembre pour trancher le débat scientifique.

Sans attendre cette échéance, la ministre de la santé, et les secrétaires d’Etat à l’écologie et à l’économie numérique, Chantal Jouanno et Nathalie Kosciusko-Morizet, ont toutefois annoncé dix pistes d’action très inspirées des propositions du rapport final remis lundi au gouvernement par Jean-François Girard, président de la table ronde.
Le gouvernement juge la révision des seuils réglementaires d’émission des antennes-relais (1) ni nécessaire ni justifiée. Mais face à la mobilisation de l’opinion publique, il propose de réduire l’exposition de la population aux ondes en se fondant sur le principe de l’utilisation des «meilleures technologies disponibles» avec «si possible la définition d’une valeur ‘cible’ au sein des lieux de vie et de travail, harmonisée au niveau communautaire». «La France proposera à la Commission européenne de mettre en place un groupe de travail entre Etats membres pour demander un abaissement des niveaux d’exposition», a indiqué Chantal Jouanno.
Parallèlement, une évaluation de la faisabilité technique d’une diminution des seuils d’exposition aux antennes sera menée dans des villes-pilotes, telles que Courbevoie et Pau, à partir d’une étude de modélisation. Le Meeddat financera à hauteur d’un million d’euros la réalisation de mesures dans les écoles et les crèches de ces villes. Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des toits, qui a lancé l’initiative d’une campagne de test du seuil de 0,6 V/m dans des villes-pilotes, se félicite de cette avancée, mais «attend de voir la mise en place concrète de la mesure» et prévient qu’il pourrait saisir à nouveau les tribunaux.

Deux mesures relatives à la concertation et l’information locale seront par ailleurs expérimentées d’ici l’automne: la remise au maire d’un dossier d’informations par les opérateurs 3 mois avant le début des travaux d’implantation d’une antenne-relais d’une part et l’élaboration de schémas prévisionnels de déploiement au niveau des agglomérations de communes, validés par le préfet, d’autre part. «Ce plan de déploiement permettrait aux élus de tenir toute leur place mais aussi d’informer les citoyens sur la localisation des antennes existantes et sur les projets d’implantation», indique Nathalie Kosciusko-Morizet. En cas de succès, l’action pourrait être déployée à l’échelle nationale. Jean-Marie Danjou, délégué général de l’Association française des opérateurs mobiles (Afom) espère que ces schémas seront «opposables juridiquement».
Concernant les téléphone portables, le gouvernement propose de renforcer les dispositions du projet de loi «Grenelle 2» en interdisant leur vente aux enfants de moins de 10 ans –au lieu de 6 ans– ainsi que leur utilisation dans les écoles primaires. En outre, un décret, qui sera publié en juin, rendra obligatoire l’affichage du débit d’absorption spécifique (DAS) des mobiles lors de leur achat. Il sera également demandé aux opérateurs de proposer une offre «SMS exclusive».
Autres mesures envisagées : une campagne d’information publique sur les radiofréquences , la réforme du financement de la recherche par un système de redevance comme alternative au paiement direct par les industriels visant à mettre un terme aux controverses sur les conflits d’intérêt, ainsi qu’une prise en charge adaptée pour les personnes hypersensibles.
Un comité de suivi de ces actions sera mis en place d’ici la publication de l’avis de l’Afsset et la prochaine réunion des acteurs du «Grenelle» à l’automne. En l’absence des associations Agir pour l’environnement et Priartem, qui ont annoncé, lundi, la «suspension temporaire de leur participation». «Nous n’arrivons pas à être entendus et déplorons que le risque sanitaire des antennes n’ait toujours pas été reconnu», explique Stéphen Kerckhove délégué général d'Agir pour l'environnement, qui appelle «les riverains à poursuivre leur mobilisation». La fédération d’associations, France nature environnement (FNE), regrette que sa demande de moratoire sur les implantations n’ait pas été retenue, mais maintient sa participation à la table ronde.
(1) La recommandation européenne 1999/519/CE limite la valeur du champ électrique émis à 41 volts/mètre (V/m) pour les émetteurs GSM (900 MHz), à 58 V/m pour les DCS (1.800 MHz) et à 61 V/m pour l’UMTS (2.100 MHz)

Communiqué du ministère de la santé (vers les 10 pistes d’action)

Source : Le Monde

par Grégoire Brethomé

Pendant que les antennes-relais continuent de faire l'objet de multiples recours de la part de riverains mécontents, le dialogue de sourds reste total entre les opérateurs de téléphonie mobile, les associations, les élus et les experts qui se sont retrouvés, mercredi 6 mai dans le cadre du Grenelle des ondes pour une première rencontre.

"Ce Grenelle des ondes piétine", grommelait à l'issue de la réunion Etienne Cendrier, porte-parole de l'association Robin des toits et dont la proposition - limiter à 0,6 volt par mètre l'émission des antennes dans un petit nombre de villes tests, n'a pas été retenue pour le moment.

La réglementation, qui fixe entre 41 et 61 v/m les émissions maximum, ne présente pas de danger pour la santé, a martelé de son côté l'Association française des opérateurs mobiles (AFOM).

Abaisser le seuil d'émission à 0,6 entraînerait une multiplication des antennes, a indiqué le président de l'AFOM, Jean-Marie Danjou, citant l'exemple du Lichtenstein où l'adoption du seuil de 0,6 v/m va conduire à "multiplier par dix le nombre des antennes".

La proposition défendue par l'adjoint au maire de Paris, Denis Baupin (Verts), au nom de l'Association des maires de grandes villes de France, de ne pas laisser aux opérateurs privés le soin de décider des lieux d'implantation des antennes n'a pas non plus trouvé d'écho.

Le débat continuera le 20 mai en présence d'experts désignés par les associations, dont Lennart Hardell et Michael Kundi, deux des coauteurs du rapport BioInitiative qui pointe les effets sanitaires dangereux des ondes électromagnétiques.

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Source : Journal de l' Environnement

Jeudi 16 avril, les sénateurs Verts menés par Jean Desessard (Paris), ont déposé une proposition de loi relative aux antennes-relais, à la téléphonie mobile et à l’électro-hypersensibilité. Celle-ci prévoit l’abaissement du seuil d’exposition du public au champ électromagnétique à 0,6 volt par mètre (V/m), conformément à la revendication des associations.

A l’heure actuelle, les seuils appliqués en France suivent la recommandation de la Commission européenne qui fixe des taux d’émission pour les antennes allant de 41 à 61 V/m (1). «Cette réglementation est de plus en plus contestée par de nombreuses études scientifiques, comme le rapport BioInitiative publié en 2007 par plusieurs chercheurs indépendants», estiment les sénateurs Verts dans un communiqué du 16 avril. Ils déplorent que «les technologies sans fil se répandent sans évaluation coordonnée des impacts et des risques pour la santé de tous». Le texte prévoit l’élaboration de plans d’occupation des toits recensant les antennes existantes ou en projet, ainsi que l’obligation d’un permis de construire assorti d’une étude d’impact électromagnétique pour l’implantation de toute nouvelle antenne.
La proposition de loi comprend également des mesures relatives aux téléphones mobiles dont l’interdiction des publicités visant à promouvoir leur usage par les enfants de moins de 14 ans et l’obligation de coupler la vente d’un appareil à celle d’un kit oreillette.
Le texte propose enfin la suspension pour une période de 5 ans de l’installation des bornes Wi-max et de la technologie LTE (long term evolution), ainsi que la réalisation d’un rapport relatif à l’électro-hypersensibilité aux champs électromagnétiques chargé de définir les modalités de sa reconnaissance comme handicap. Un blog de discussion dédié à ce sujet a également été mis en ligne par le sénateur Jean Desessard (2).
(1) La recommandation 1999/519/CE fixe une limitation du champ électrique de l’émetteur à 41 volts/mètre (V/m) pour les GSM (900 MHz), à 58 V/m pour les DCS (1.800 MHz) et à 61 V/m pour l’UMTS (2.100 MHz).
(2) http://blog-ehs.blogspot.com

Guyane Correspondant

 

C'est un secret de polichinelle en Guyane. Si l'opération "Harpie 2" n'a pas été annoncée officiellement, ce deuxième dispositif exceptionnel de lutte contre l'orpaillage clandestin est déjà en place dans la forêt guyanaise, trésor de biodiversité qui recouvre 90 % des 83 500 km2 du département.

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Source : Journal de l'Environnement

Interdit en France métropolitaine en 1990 et aux Antilles en 1993, le chlordécone (un insecticide notamment utilisé pour lutter contre le charançon du bananier) fait l’objet d’un plan d’action 2008-2010. Doté d’un budget de 33 millions d’euros, il vise à réduire l’exposition au chlordécone (encore présent c’est un produit très stable)et à renforcer les connaissances concernant l’impact sur la santé de la population en Martinique et en Guadeloupe.

Lundi 6 janvier, un rapport interministériel d’activité pour l’année 2008 a été transmis à différents ministères. Il fait le point sur les actions déjà engagées (1) et annonce les orientations à donner pour 2009. Parmi les points qui feront l’objet d’une attention particulière pour l’année à venir, la communication est en première place, avec comme objectif la publication des premiers résultats des études de santé au cours du second semestre. Des recherches complémentaires, ainsi qu’une surveillance de l’impact sanitaire des pesticides, seront proposées par le comité scientifique international; des analyses de sols avant plantation (afin d’éviter la commercialisation de denrées contaminées) seront mises en œuvre dans le cadre réglementaire dit du «paquet Hygiène».
Enfin, les actions du plan relatives à la production halieutique seront renforcées, pour que les pêcheurs puissent bénéficier de mesures d’accompagnement comparables à celles retenues pour les agriculteurs et les aquaculteurs.
(1) Dans le JDLE «Ouverture d’un site d’information sur le chlordécone»

Le site

Rapport interministériel

Communiqué de la Direction général de la santé

Source : Journal de l' Environnement

 

Effet parapluie?

L’étude récente montrant que l’exposition maximale aux ondes des antennes-relais ne se situait pas sous la source mais à plusieurs centaines de mètres de celle-ci (6) a été vivement critiquée. Pour les scientifiques il s’agit d’une évidence qui ne concerne toutefois que «l’exposition au sol» [et donc pas un immeuble d’habitation]. En réponse, Agir pour l’environnement et Priartem ont rendu public le 6 avril, les résultats de l’analyse de 250 mesures effectuées par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) entre décembre 2008 et mars 2009 qui «ne confirment pas de liens entre l’éloignement et l’exposition». En outre, 17% des sites font apparaître des champs supérieurs à 2 V/m dont l’un à près de 17 V/m.

La divergence des avis sur l’effet sanitaire des antennes entre opérateurs, scientifiques et associations a été remise en lumière lors de l’audition organisée lundi par l’Opecst (1). Dans ce contexte, sont prônés un renforcement du dialogue et une prise de position de l’Etat. La table ronde du 23 avril devra répondre à ces attentes.

Les ondes sont encore brouillées entre les acteurs concernés par la téléphonie mobile. Au cœur du conflit, la question de l’impact sanitaire des antennes-relais. Pour Denis Zmirou, professeur de santé publique à la faculté de médecine de Paris, des effets existent mais il s’agit «de troubles psychosomatiques se manifestant chez des personnes ayant un stress élevé, qu’elles soient ou non exposées aux ondes». Le scientifique rappelle que le niveau d’exposition aux ondes électromagnétiques d’une antenne est «le plus souvent faible, toujours inférieur aux normes en vigueur et très en deçà de l’exposition associée à l’utilisation d’un téléphone mobile». Ce à quoi Marc Cendrier de l’association Robin des Toits rétorque que «la question centrale est la durée d’exposition». Il est vrai que les limites d’exposition actuelles (2) ne prennent en compte que l’effet thermique des ondes et non pas un éventuel effet à long terme que «la plupart des études n’ont pas évalué», confirme Pierre Souvet, cardiologue et président de l’Association santé environnement de Provence (Asep).

Les associations militant pour un abaissement du seuil d’exposition s’appuient sur le rapport BioInitiative, dont Cindy Sage est l’une des co-auteurs (3) et qui montrerait l’existence d’effets biologiques «non thermiques». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Commission internationale sur la radioprotection non ionisante (ICNIRP) ont cependant refusé de le commenter, jugeant qu’il ne s’agissait pas d’un rapport «scientifique». André Aurengo (4), chef du service de médecine nucléaire de l’hôpital Salpêtrière et membre de l’Académie de médecine, qui juge les résultats de ce rapport «contradictoires et incohérents», rappelle que «le seul effet reconnu des antennes-relais est celui de l’échauffement thermique, pour lequel une exposition durant 24 heures à un champ d’1 volt par mètre (V/m) généré par une antenne correspond à celle d’un téléphone mobile durant 30 secondes».

Pourtant, certains scientifiques et professionnels de santé ne sont pas aussi catégoriques et mettent en avant d’autres mécanismes potentiels. «De nombreuses études ont établi des effets biologiques des ondes sur les protéines de stress, le système immunitaire, les marqueurs d’inflammation et sur la mélatonine, une hormone impliquée dans le cycle veille/sommeil», déclare ainsi le cardiologue Pierre Souvet. Quant à Joël de Rosnay, docteur ès sciences et conseiller du président de la Cité des sciences, il fait remarquer que «le ‘brouillard électromagnétique’ dans lequel nous baignons fait partie des nombreux facteurs capables d’influer sur les hormones et de moduler l’expression des gènes [effet épigénétique]». Mais les études manquent pour évaluer l’effet cocktail de l’exposition à de multiples facteurs de risque environnementaux.

Dans ce contexte d’incertitude, les associations soutiennent l’application du principe de précaution et la révision des seuils d’exposition à 0,6 V/m, une valeur qui ne reposerait toutefois «sur aucun effet fondé», selon André Aurengo. Un seuil à 3 V/m pour les antennes à 900 MHz, semble toutefois atteignable puisqu’il sera instauré dans la région de Bruxelles d’ici le 15 septembre, conformément au vote du Parlement belge en 2007. «La faisabilité économique et technique n’est plus contestée par les opérateurs. Leur plus mauvais scénario fait état de l’installation de 40% d’antennes supplémentaires», précise Joël Solé, représentant du ministre de l’environnement de la région de Bruxelles capitale. Le 2 avril le Parlement européen a adopté une résolution en faveur de la révision du seuil actuel (5). «En l’absence de base scientifique, une révision de la limite d’exposition recommandée par l’UE n’est pas envisageable», a cependant indiqué Bernardo Delogu, représentant de la Commission européenne. L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et de travail (Afsset ) publiera en septembre son rapport d’expertise sur les radiofréquences assorti de recommandations relatives à la gestion des risques.

Lors de la table ronde sur la gouvernance, les intervenants se sont accordés sur la nécessité de renforcer le dialogue entre les acteurs. Pour Jean-Marie Danjou, délégué général de l’Association française des opérateurs de mobiles (Afom), «face au décalage grandissant entre les avis des agences et l’opinion publique, il est urgent que le gouvernement apporte des réponses claires». Danièle Salomon, sociologue au CNRS, invite «la science institutionnelle à s’ouvrir et à s’appuyer davantage sur les professionnels de santé de terrain». «Pour un débat apaisé, il vaudrait mieux qu’il n’existe pas de lien direct entre experts et opérateurs», souligne pour sa part Stéphane Kerckhove d’Agir pour l’environnement.

Les défis du ‘Grenelle des ondes’ prévu le 23 avril prochain seront donc nombreux. Et les incertitudes sur son périmètre (Wi-max) et ses intervenants (associations familiales de consommateurs et syndicats) doivent être rapidement levées.

(1) L'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques
(2) 41 volts/mètre (V/m) pour les GSM (900 MHz), 58 V/m pour les DCS (1.800 MHz) et 61 V/m pour l’UMTS (2.100 MHz) selon la recommandation européenne 1999/519/CE
(3) Cindy Sage, membre de la société de bioélectromagnétisme est responsable d’une société de conseil en environnement offrant des services et produits de protection contre les champs électromagnétiques (http://www.silcom.com/~sage/emf/monitoring.html).
(4) André Aurengo est membre du conseil d’administration de Bouygues Telecom (non rémunéré) et de celui d’EDF, et exerce ponctuellement du conseil auprès de l’Afom
(5) Dans le JDLE «Ondes électromagnétiques: les eurodéputés pour la réduction des seuils»
(6) Dans le JDLE «Antennes-relais: le pic d’exposition ne se situe pas sous la source»

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Source : Le Monde

Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas au plus près d'une antenne-relais de téléphonie mobile que l'on est le plus exposé aux ondes de radiofréquence qu'elle émet. Une étude française a permis de constater que pour les deux fréquences utilisées en téléphonie mobile, GSM (900 MHz) et DCS (1800 MHz), l'exposition est maximale à environ 280 m de l'antenne-relais en zone urbaine, et à 1 000 m en zone périurbaine. L'étude a été mise en ligne, mardi 31 mars, sur le site de la revue britannique Occupational & Environmental Medicine.

Dans la vie quotidienne, l'exposition à des champs électromagnétiques émane de différentes sources de radiofréquences : postes de radio et de télévision, communications téléphoniques et satellitaires... C'est le cas évidemment de la téléphonie mobile, et de la multitude d'antennes-relais ou de stations de base qu'elle nécessite pour assurer une bonne couverture territoriale des zones les plus peuplées.

 

"Bien que les niveaux de radiofréquences (RF) produits par les relais de télé et de radio et par les stations de base soient bien plus bas que ceux liés à l'utilisation du téléphone mobile, l'exposition plus continue aux antennes préoccupe davantage le public", notent Jean-François Viel (CNRS et université de Franche-Comté) et ses confrères, auteurs de l'étude. "Comme les ondes de RF sont invisibles et imperceptibles, les individus ne peuvent directement faire état de leur exposition. Aussi bien les perceptions du public que la plupart des études épidémiologiques reposent de ce fait sur la supposition que la distance d'un lieu de résidence par rapport au mât d'une station de base est un paramètre qui peut se substituer de manière appropriée à l'exposition à des champs de RF."

 

DOSIMÈTRE PERSONNEL

 

Leur étude démontre que cette hypothèse est erronée. Elle a été menée en zone urbaine et en zone périurbaine, entre décembre 2005 et septembre 2006, auprès de 200 habitants du Doubs. Chacun d'entre eux a été équipé d'un dosimètre personnel mesurant son exposition aux RF pendant vingt-quatre heures et devait tenir un journal recensant, quart d'heure par quart d'heure, le lieu, l'heure et la nature de ses activités. La distance séparant le domicile de chaque participant des antennes a été calculée.

 

A son niveau le plus élevé, le champ électrique mesuré demeurait toujours inférieur à 1,5 volt par mètre (v/m), et restait donc inférieur aux normes internationales. L'exposition aux ondes des bandes utilisées pour la téléphonie mobile atteignait son maximum, selon la zone d'habitation, à environ 280 m ou 1 000 m des antennes.

 

Jean-François Viel évoque plusieurs surprises : "Tout d'abord, la grande variabilité des expositions, même à des distances équivalentes. Une différence qui peut tenir au dosimètre, mais aussi au corps humain." Mais encore : "La présence de deux pics, l'un urbain, l'autre périurbain, en fonction de la hauteur des antennes. Comme un phare, une antenne a un rayon d'émission oblique, selon un angle qui est toujours le même. En zone urbaine, les antennes sont plus basses et "arrosent" dans un rayon d'environ 300 m ; en zone périurbaine, elles sont plus hautes et le rayon touche le sol plus loin, à 1 000 m. Nous pensions que cet "effet phare" était moins prononcé."

 

Devant ces résultats, la question se pose du niveau d'exposition auquel sont fixées les recommandations nationales et internationales. "Les recommandations internationales sont basées sur les effets thermiques observés des radiofréquences, indique l'épidémiologiste. L'évaluation des risques potentiels suppose que l'on recherche d'autres mécanismes d'action. Quand on fixe un seuil après évaluation d'un risque, c'est qu'on connaît le mécanisme en cause. A l'heure actuelle, nous n'en sommes pas là."

Paul Benkimoun

Source : Journal de l'environnement

L'association Robin des toits a lancé lundi 30 mars 5 nouvelles plaintes contre les opérateurs de téléphonie mobile, indique l’AFP.

Une première assignation vise à empêcher l'installation d'une antenne à Quimper (Finistère) suite aux inquiétudes d’une personne dotée d’un implant dans le cerveau. Deux autres dossiers concernent des riverains inquiets, à Villeneuve-lès-Avignon et à Nîmes (Gard). Les deux derniers dossiers concernent des riverains d’antennes parisiens souffrant d'eczéma, de tachycardie, ou de maux de tête récurrents.

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