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UN News New York, Feb 18 2009 12:00PM

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et la société d'informatique Microsoft ont signé cette semaine un accord destiné à mettre à profit les solutions de technologies de l'information et de la communication (TIC) pour faire face aux défis environnementaux actuels.

La signature a eu lieu mardi lors de la 25e session du Conseil d'administration du PNUE et du Forum ministériel mondial sur l'environnement qui porte sur le thème de "la mondialisation et l'environnement ", au siège du PNUE à Nairobi, Kenya.

Le partenariat se concentre sur les moyens d'aider les parties prenantes dans le domaine de l'environnement - y compris le PNUE et d'autres organisations internationales, les gouvernements, les organisations non-gouvernementales et les chercheurs - à travailler plus efficacement en faisant usage des nouvelles technologies.

"Nous voyons notre partenariat avec Microsoft comme crucial pour fournir des solutions à une communauté de 190 nations et au système des Nations Unies dans son ensemble. La capacité du PNUE à mobiliser des technologies de l'information et des plateformes pour l'échange d'informations relatives à l'environnement est déterminant pour le travail commun sur les questions environnementales", a déclaré le directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner.

"Sans un accès équitable à l'information et sans la capacité des pays en développement à accéder sur un pied d'égalité aux négociations d'accords cruciaux, tels le traité sur le changement climatique ou la convention sur la biodiversité, nous ne rencontrerons pas beaucoup de progrès", a-t-il ajouté.

Le PNUE et Microsoft collaborent depuis 2006 sur Research4Life, un partenariat public-privé qui inclut un réseau environnemental nommé OARE. Research4Life fournit un accès aux dernières recherches scientifiques par le biais d'une bibliothèque en ligne de plus de 7.500 revues scientifiques examinées par des pairs, livres, et bases de données, mis à disposition à bas ou sans frais pour les pays en développement par 130 éditeurs. OARE se concentre sur l'information environnementale, fournissant aux scientifiques, praticiens et politiques des pays participants, les informations dont ils ont besoin pour mettre en oeuvre des programmes ciblés et prendre des décisions judicieuses pour l'environnement.

La plateforme a déjà un impact important sur les communautés, notamment dans la Vallée du Rift au Kenya où des chercheurs ont utilisé des ressources OARE pour traiter la pollution du bassin hydrographique de la Rivière Njoro par le biais d'une série de programmes, ce qui a conduit à une réduction des maladies transmises par l'eau au sein de la population locale et à une utilisation plus propre de la rivière.

Le PNUE et Microsoft développent des plateformes de connaissances pour un meilleur échange d'information et une meilleure collaboration entre les groupes environnementaux et les gouvernements. Par exemple, la plateforme du PNUE 'Vue globale pour l'environnement' (Global View for the Environment) utilisera Microsoft Single View et Virtual Earth pour représenter les images satellites de réserves d'eau douce du PNUE, présentant l'information visuellement et rendant ainsi son accès et son interprétation plus simples.

Un autre projet est la mise à jour de la Base de données mondiale sur les zones protégées (World Database on Protected Areas - WDPA) et de la plateforme en ligne maintenue par le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du PNUE. WDPA permet aux principales compagnies minières du monde d'accéder aux informations nécessaires pour éviter d'empiéter sur des zones protégées.

"Les défis environnementaux d'aujourd'hui, tels le changement climatique, la pollution et la dégradation des écosystèmes, requièrent une réponse globale et complète de tous les secteurs de la société", a déclaré Rob Bernard, Stratège en chef de l'environnement, engagement de Microsoft envers le PNUE et ses objectifs.

UN News
New York, Feb 19 2009 10:00AM
Sur les quelques 6.000 langues existant dans le monde, plus de 2.500 d'entre elles sont menacées, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (<"http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=2902&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html">UNESCO) qui a lancé jeudi à Paris la version électronique de la nouvelle édition de son Atlas des langues en danger dans le monde.

L'Atlas, présenté à la veille de la Journée internationale de la langue maternelle (21 février), permet des recherches selon plusieurs critères et classe les 2.500 langues en danger répertoriées suivant cinq niveaux de vitalité différents : vulnérable, en danger, sérieusement en danger, en situation critique et éteinte (depuis 1950).

Les données sont inquiétantes : Plus de 200 langues se sont éteintes au cours des trois dernières générations, 538 sont en situation critique, 502 sérieusement en danger, 632 en danger et 607 vulnérables.

L'Atlas précise, par exemple, que 199 langues comptent moins de dix locuteurs et 178 autres langues entre 10 et 50 locuteurs. Parmi les langues éteintes depuis peu, il cite le mannois de l'île de Man, éteint en 1974 avec le décès de Ned Maddrell, l'aasax de Tanzanie, éteint en 1976, l'oubykh de Turquie, éteint en 1992 avec le décès de Tevfik Esenç, l'eyak d'Alaska (Etats-Unis), éteint en 2008 avec le décès de Marie Smith Jones.

« La disparition d'une langue aboutit à la disparition de nombreuses formes de patrimoine culturel immatériel, en particulier du précieux héritage que constituent les traditions et les expressions orales --; des poèmes et légendes jusqu'aux proverbes et aux plaisanteries --; de la communauté qui la parlait. La perte des langues se fait aussi au détriment du rapport que l'humanité entretient avec la biodiversité, car elles véhiculent de nombreuses connaissances sur la nature et l'univers », a souligné le directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura.

Le travail effectué par les linguistes qui ont collaboré à l'Atlas (plus de 30) montre que le phénomène de disparition des langues se manifeste dans toutes les régions et dans des conditions économiques très variables. En Afrique subsaharienne, où environ 2.000 langues (près d'un tiers du total mondial) sont parlées, il est très probable qu'au moins 10% d'entre elles vont disparaître au cours des cent prochaines années. L'Atlas constate par ailleurs que l'Inde, les Etats-Unis, le Brésil, l'Indonésie et le Mexique, des pays ayant une grande diversité linguistique, sont aussi ceux qui comptent le plus de langues en danger. En Australie, il dénombre 108 langues se trouvant en danger à des degrés divers. En France métropolitaine, 26 langues sont en danger : 13 sérieusement en danger, 8 en danger et 5 en situation vulnérable.

La situation telle que présentée dans l'Atlas n'est cependant pas systématiquement alarmiste. Ainsi, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le pays qui enregistre la plus grande diversité linguistique de la planète (plus de 800 langues y seraient parlées) est aussi un de ceux qui auraient relativement peu de langues en danger (88). Aussi, bien qu'elles soient indiquées comme éteintes dans l'Atlas, certaines langues font l'objet d'une active revitalisation, comme le cornique (Cornouailles) ou le sîshëë (Nouvelle Calédonie), et il est possible qu'elles redeviennent des langues bien vivantes.

De plus, grâce à des politiques linguistiques favorables, plusieurs langues autochtones ont vu augmenter le nombre de leurs locuteurs. C'est le cas de l'aymara central et du quetchua au Pérou, du maori en Nouvelle-Zélande, du guarani au Paraguay et de plusieurs langues du Canada, des Etats-Unis et du Mexique.

L'Atlas montre aussi que pour des raisons économiques, du fait de politiques linguistiques différentes ou de phénomènes sociologiques, une langue n'a souvent pas le même degré de vitalité suivant les pays où elle est parlée.

Pour Christopher Moseley, linguiste australien et directeur de publication de l'Atlas, « il serait naïf et simpliste d'affirmer que les grandes langues qui ont été des langues coloniales --; tel l'anglais, le français et l'espagnol --; sont partout responsables de l'extinction des autres langues. Le phénomène relève d'un subtil équilibre des forces et cet Atlas permet à chacun de mieux comprendre cet équilibre ».

L'Atlas est un outil numérique interactif et pourra être complété, corrigé ou actualisé en permanence, grâce à la contribution de ses utilisateurs.
Feb 19 2009 10:00AM

UN News
New York, Feb 18 2009 10:00AM
Les lauréats 2009 des bourses MAB pour les jeunes scientifiques, ainsi que de la bourse Michel Batisse de gestion de réserve de biosphère ont été annoncés par le Bureau du Conseil international de coordination du programme de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (<"http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=2902&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html">UNESCO) sur « L'homme et la biosphère » (programme MAB).

Depuis 1989, le MAB accorde chaque année à dix jeunes scientifiques des bourses pouvant aller jusqu'à 5.000 dollars, afin d'encourager de jeunes chercheurs à entreprendre des travaux interdisciplinaires sur les écosystèmes, les ressources naturelles et la biodiversité, dans la droite ligne du programme MAB qui se consacre aux interactions durables entre les populations et leur environnement.

Les lauréats 2009 et leurs projets sont :

Marina Rubtsova (Fédération de Russie) : effet de l'éducation/sensibilisation à l'environnement et du développement touristique sur les communautés locales en Sibérie centrale ;
Taher Ghadirian (Iran) : conservation des forêts de mangroves servant de lieux de reproduction à plusieurs espèces d'oiseaux dans la réserve de biosphère Hara ;
Deni Rayn Villalba (Mexique) : intégrité de l'écosystème et participation communautaire en matière de ressource en eau, Réserve Calakmul ;
Yun Son Suk (République populaire démocratique de Corée) : mise en place d'un réseau de suivi de la biodiversité (technologie 3S) dans la réserve du Mont Kuwol ;
Khalid Osman Hiwytala (Soudan) : impact de la migration frontalière de la tribu Umbararow dans la réserve de biosphère Dinder ;
Peggy Prisca Ouoko Yangounza (République centrafricaine) : contribution à l'étude d'impact de l'exploitation forestière sur les patrimoines culturel et naturel chez les pygmées Aka de la Commune de Balé-Loko ;
Steeve Ngama (Gabon) : évaluation du degré de dépendance alimentaire des communautés riveraines de la Réserve de biosphère d'Ipassa à Makokou, vis-à-vis de la faune sauvage ;
Ana Maria Abrazua Vasquez (Chili) : établissement des bases d'une étude à long terme de la biodiversité endémique sur l'Archipel Juan Fernandez ;
Paula Irrazabal et Soledad Contreras (Chili) : impact des perturbations sur l'habitat des mammifères dans le Parc et réserve de biosphère Torres del Paine ;
Surima Orto Pozo (Cuba) : plan de gestion pour la conservation des orchidées dans leur habitat naturel, Réserve de biosphère Sierra del Rosario.

La bourse Michel Batisse - dotée de 6.000 dollars et décernée tous les deux ans à une étude de cas portant sur la gestion de réserve de biosphère --; est partagée cette année entre Boshra Salem (Egypte) pour « Travailler ensemble pour une meilleure subsistance dans la Réserve de biosphère Omayed » et Gorshkov Yu (Fédération de Russie) pour « Gestion de la nature, conservation, restauration de la diversité du paysage biologique et de l'activité socio-économique de la réserve de biosphère Grand Volzhsko-Kamsky ». La remise des bourses se déroulera en mai, lors de la réunion en République de Corée du Conseil international de coordination du MAB.

Les réserves de biosphère sont des sites qui font preuve d'approches innovantes en matière de conservation, de sciences écologiques et de développement durable et qui sont reconnus comme tels par le Programme MAB. Il existe actuellement 531 réserves de biosphère MAB réparties dans 105 pays.
Feb 18 2009 10:00AM
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Novethic'Info n°345

Le tribunal de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) a rendu une ordonnance de non-lieu à l'encontre de Bayer et BASF. Les deux groupes chimiques ne seront donc pas condamnés pour avoir vendu l'insecticide Regent, accusé d'être à l'origine de la surmortalité des abeilles. Plusieurs associations vont faire appel de la décision.

 

Le procès du Regent n'aura pas lieu. Le tribunal de grande instance de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, a enfin rendu son avis concernant la responsabilité des producteurs du célèbre insecticide. Après cinq ans d'attente, Bayer CropScience et BASF Agro ont obtenu, vendredi 30 janvier 2009, un non-lieu dans l'affaire de la mortalité des abeilles. Ils étaient accusés d'avoir utilisé du fipronil, une substance chimique jugée dangereuse, dans leur pesticide Regent. Le procureur de la République avait déjà requis un non-lieu en juin 2008, arguant que le lien entre la destruction des ruches et l'utilisation de l'insecticide ne pouvait pas être formellement démontré. Scandalisées, l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF) et la Confédération paysanne ont annoncé leur intention de faire appel de la décision.

 

« Insecticide utilisé en traitement des semences pour la protection des cultures de maïs et de tournesol contre le taupin, un ravageur souterrain, » telle est la description du Régent donnée par BASF qui précise : « Il ne présente aucun danger pour l'homme et l'environnement. » Pourtant dès 2003, de premières études impliquent le fipronil, substance active du Regent, dans la surmortalité d'abeilles. En février 2004, BASF Agro qui commercialise le Regent et son PDG Emmanuel Butstraen étaient mis en examen pour « mise en vente de produits agricoles toxiques nuisibles à la santé de l'homme et de l'animal ». Une décision qui concernera pour les mêmes raisons, la firme Bayer Crop ancien propriétaire du Regent (voir articles liés).

Des résidus de pesticides sur le raisin

Le Mouvement pour le droit au respect des générations futures (MDRGF), en partenariat avec des ONG européennes, a sorti lundi 24 novembre une étude révélant que le raisin était massivement contaminé par des pesticides. Sur les 124 raisins testés, issus de l’agriculture conventionnelle et vendus en Europe, 123 présentaient des traces de pesticides. Pire encore : certains de ces pesticides seraient interdits dans l’Union européenne, notamment des polluants organiques persistants ! 4,8% des raisins testés présentaient plus de pesticides que les limites maximales autorisées par la législation européenne, et 20% contenaient également des produits chimiques. Tous les échantillons prélevés en France contenaient des pesticides.

 

Après plusieurs mois et semaines de batailles d'experts, le procureur Claude Derens avait finalement requis un non-lieu en faveur des firmes chimiques et de leurs dirigeants, en juillet 2008. « A l'issue des très nombreuses expertises acquises au dossier, il n'était pas envisageable d'affirmer un lien incontestable entre l'utilisation du fipronil dans l'enrobage des semences et les surmortalités des abeilles constatées à l'occasion des campagnes 2002 et 2003 », estimait-t-il alors dans les réquisitions transmises aux avocats des différentes parties. Le procureur s’était appuyé principalement sur un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) d'avril dernier qui révélait « qu'il n'y a aucune relation entre la présence de fipronil et celle des abeilles adultes et larvaires. »

 

« Non-responsabilité du Regent TS »

 

L'UNAF a exprimé « sa réprobation devant des réquisitions aussi caricaturales qui survolent à peine quelques points du dossier sans en traiter aucun, et qui donnent une idée consternante de l'impuissance judiciaire de notre pays face aux graves problèmes environnementaux de notre temps. » A contrario, BASF se félicite de cette décision puisque ces réquisitions « confortent la non-responsabilité du Régent TS dans les mortalités d'abeilles. » A ce jour, le Regent TS est toujours interdit de commercialisation en France suite à la décision qu'avait prise Hervé Gaymard alors ministre de l'Agriculture en 2004, tandis qu'il est autorisé en Europe. L'affaire est en attente désormais d'une décision de la juge d'instruction : soit confirmer ce non-lieu, soit un renvoi en correctionnelle.

 

Alors que BASF privilégie les pistes du manque de biodiversité et du rôle primordial des parasites –en accord sur ce point avec certains apiculteurs- pour expliquer la surmortalité des abeilles, il faut souligner que, dans son rapport, sur lequel le procureur Claude Derens a appuyé son réquisitoire, l'Afssa invitait à tenir compte du « très petit nombre d'observations » qui avait servi à l'étude, en l'occurrence 120 colonies d'abeilles domestiques. En outre, en février dernier, le ministère de l'Agriculture rendait public un rapport du Comité Scientifique et Technique (CST) de l'Etude Multifactorielle des Troubles des Abeilles, selon lequel le fipronil ferait courir « des risques inacceptables » aux abeilles. A l'époque, pour le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures, « ce rapport montre clairement la dangerosité inhérente à ces insecticides systémiques en enrobage de semences et souligne toute l'absurdité de l'homologation récente de l'insecticide Cruiser. »

 

Le Cruiser interdit en Allemagne

 

Si le réquisitoire du procureur de Saint-Gaudens met hors de cause le fipronil, l'implication des pesticides dans la surmortalité des abeilles est loin d'être écartée. En effet, la récente décision de l'Allemagne de suspendre l'autorisation de l'insecticide Cruiser, produit de la société Syngenta, relance le débat. Le Bureau fédéral pour la protection des consommateurs et la sécurité alimentaire (BVL) a choisi le principe de précaution, suite à un examen des faits concernant les dommages importants sur les abeilles du sud-ouest de l'Allemagne et mettant en cause certaines techniques de semis.

 

Il est vraisemblable aux yeux de certains experts que ce soit la conjonction de plusieurs facteurs –pesticides, champignon pathogènes et acarien- qui explique la disparition des abeilles particulièrement nécessaires à l'équilibre écologique (voir article lié). Auquel cas, on n'établira peut-être jamais de lien de causalité certain et indiscutable entre la présence d'un pesticide et de la disparition des abeilles. C'est alors le principe de précaution qui peut venir au secours de l'environnement plutôt que la décision de justice.


Mis en ligne le : 27/11/2008

Journal de l' Environnement, 09/12/2008 12:51

 

Face aux inquiétudes croissantes suscitées par les impacts potentiels sur la santé de la pollution des sols, l’Institut de veille sanitaire (InVS) apporte un éclairage sur les dernières connaissances dans ce domaine dans un numéro spécial du BEH (1).

Les préoccupations liées à l’impact sur la santé des sols pollués se sont renforcées ces dernières années en lien avec de nombreux arrêts d’exploitation. Plusieurs crises sanitaires (le saturnisme lié à l’exposition au plomb chez les enfants vivant à proximité de fonderies, les cancers liés à la pollution à la dioxine, ou encore les cancers pédiatriques sur une ancienne friche industrielle à Vincennes), ont conduit les autorités à élaborer depuis 15 ans une politique de gestion et de prévention des sols pollués. Sur les 300.000 sites potentiellement pollués -d’après un recensement des anciennes activités industrielles- , 4.000 font l’objet d’une surveillance, d’un diagnostic ou d’une réhabilitation.
«Afin de mieux répondre à la sollicitation croissante de la population, l’InVS et son réseau de cellules interrégionales d’épidémiologie (Cire) ont mis en place un groupe de travail dont les travaux sont présentés dans ce dossier thématique», explique Frédéric Dor, chercheur à l’InVS. Les métaux lourds (plomb, arsenic, cadmium) et les hydrocarbures représentent les principaux polluants des sols. Mais leurs effets sur la santé sont difficiles à démontrer, notamment en raison de lacunes concernant les mécanismes de passage des substances du sol à l’homme. «Si des effets de certains polluants sont observés lors des tests pratiqués chez l’animal, ces résultats ne sont pas aisément transposables à l’homme», ajoute le responsable de l’InVS. Enfin, la faible taille des populations concernées empêche souvent la conduite d’études épidémiologiques. Une exception toutefois: sur le site de «Love Canal», lieu de la première alerte sanitaire liée à une pollution des sols au début des années 80 aux Etats-Unis, une étude a permis d’associer certains symptômes aspécifiques (maux de tête, fatigue) aux émissions de composés organiques volatils (CoV) provenant de déchets enfouis.
L’InVS centre donc ses travaux sur l’estimation de l’exposition des populations aux polluants. «On peut comparer l’exposition de deux groupes de population et fixer comme objectif une réduction des taux aux valeurs moyennes», précise Frédéric Dor. L’identification des sites dont les risques sanitaires sont les plus élevés représente également un enjeu majeur. Des chercheurs de l’InVS ont ainsi conduit une étude visant à hiérarchiser 200 sites pollués au plomb dans le Nord-Pas de Calais. Les dépistages de saturnisme réalisés dans cette région chez les enfants vivant dans les communes proches du site industriel de Metaleurop, avaient en effet recensé 11% de cas en moyenne, et jusqu’à 20% dans certaines zones. Mais, en raison de leur coût élevé, de tels dépistages peuvent difficilement être menés sur tous les sites. L’identification des sites les plus à risque se heurte néanmoins à la question du manque -ou de l’incohérence- des informations répertoriées par les Drire et les bases de données spécialisées (2). «Nous préconisons la construction d’une base de donnée informatique plus exhaustive sur les actuels sites pollués afin de disposer de meilleurs outils pour l’avenir», commente Christophe Heyman, responsable de la Cire de la région Nord.
Dans cette optique, l’InVS mènent plusieurs études-pilotes de grande envergure sur des sites pollués (3) pour pouvoir prévoir l’exposition d’une population sur un site de même nature, permettant ainsi une meilleure gestion des risques sanitaires. «La stratégie de croisement des sites de pollution historiques (Basias) et des sites à usage sensible (crèches, écoles), acté dans le Grenelle de l’environnement [voir encadré], a d’ailleurs pu s’appuyer sur une étude de l’InVS ayant démontré la faisabilité et le sens d’une telle démarche», souligne Frédéric Dor.
Un nouveau projet de directive sur la protection des sols sera présenté cette semaine par la présidence française de l’Union européenne dans la perspective de relancer les négociations suite à l’échec de décembre 2007 (4). Ce texte propose de s’appuyer sur les modalités de gestion des sites pollués existantes dans les Etats membres et met l’accent sur la réhabilitation et le traitement rapide de sites jugés «prioritaires», sur le modèle français.
(1) «Pollution des sols: de l’exposition des populations à la santé publique», Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) n° 47-48 (9 décembre 2008)
(2) Basias est un inventaire des anciens sites industriels en France, achevé dans 90 départements (hors Dom-Tom). Il recense 230.000 sites. Basol, une base de données des sites et sols pollués ou potentiellement pollués appelant une action des pouvoirs publics, à titre préventif ou curatif, regroupe 4.000 sites.
(3) Voir l’article du JDLE «Sols pollués: un impact potentiel sur la santé»
(4) Voir l’article du JDLE «La directive sur la protection des sols continue à diviser»

www.actualites-news-environnement.com 08/11/2008 09:36 (Par Pierre MELQUIOT)

La plate-forme science-politique IPBES au secours de la biodiversité
La plate-forme science-politique IPBES au secours de la biodiversité. Un nouveau système de diffusion de l’information scientifique relative à la biodiversité, la diversité du vivant sur la planète Terre et à son importance pour les Humains, pourrait propulser la question de la biodiversité comme prioritaire dans l’agenda politique mondial.

Une nouvelle plate-forme science-politique, IPBES, « peut aider à placer la biodiversité en tête de l’agenda politique mondial » ont déclaré trois membres du gouvernement français.

Un nouveau système de diffusion de l’information scientifique relative à la biodiversité, la diversité du vivant sur la planète Terre et à son importance pour les Humains, pourrait propulser la question de la biodiversité comme prioritaire dans l’agenda politique mondial au même titre que le changement climatique, selon trois ministres français, Jean Louis Borloo, ministre de l’Écologie, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement Supérieur, et Alain Joyandet, secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie qui poussent à la mise en place de la plate-forme science-politique IPBES.

Il y a quelques jours, lors de la conférence de Montpellier Agriculture et biodiversité, Michel Barnier et Valérie Pécresse avaient souligné « l’importance stratégique de la recherche sur ces liens entre agriculture et biodiversité, et notamment la nécessité, sur le plan européen, d’unir les efforts des Etats membres d’organiser un travail en commun, notamment pour faire de la recherche sur l’agriculture et de la protection de la biodiversité une priorité absolue de la science européenne à terme.

  Le nouveau système de diffusion de l’information scientifique relative à la biodiversité, IPBES, la diversité du vivant sur la planète Terre et à son importance pour les Humains, pourrait propulser la question de la biodiversité comme prioritaire dans l’agenda politique mondial


Ils avaient alors rappelé qu’un premier pas va d’ores et déjà être fait en ce sens dans les prochaines semaines avec la mise en place de l’IPBES, une plate-forme scientifique-politique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystemiques, qui prendra la forme d’un GIEC de la biodiversité et qui permettra aux Etats membres de « dresser des constats partagés dans ces domaines, préalables indispensables à toute action commune. »

Une conférence aura lieu à Putrajaya, Malaisie, du 10 au 12 novembre 2008 pour débattre de la mise en place d’une plate-forme science-politique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES : Intergovernmental science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services). Elle sera conçue pour fournir à l’ensemble des décideurs à travers le monde, une information fiable et sûre sur les changements affectant les processus naturels dont dépendent tant les sociétés que leur économie - de la fertilisation des sols au contrôle des ravageurs des cultures et des maladies.
La conférence a été convoquée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement PNUE et rassemblera des représentants de gouvernements, des institutions de recherche, des organisations non gouvernementales et les conventions internationales relatives à la biodiversité et à l’environnement.

Cette initiative fait suite à l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millennium Ecosystem Assessment - MA), qui en 2005 a principalement conclu que les objectifs de réduction de la pauvreté seraient compromis par la dégradation de services écosystémiques clefs, notamment les pêcheries, l’approvisionnement en eau potable et la protection contre les risques naturels.

Cette conférence a été convoquée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) fait également à la suite d’une consultation internationale, initiée par le gouvernement français, qui a impliqué plus de 300 participants et 40 organisations internationales et régionales de plus de 70 pays, sur le besoin, les champs d’action et les options pour un Mécanisme International d’Expertise Scientifique sur la Biodiversité (IMoSEB).

Selon une note de principe du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE), utilisée comme base de discussion à la réunion en Malaisie, la plate-forme aurait pour objectif principal de compléter l’action des structures existantes, notamment des conventions relatives à l’environnement, et non de dupliquer leurs actions. Ses domaines de compétences suggérés seraient :

- Signaux précoces, leçons précoces : outre la diffusion d’analyses scientifiques rapides sur les menaces naissantes, il s’agira de réaliser un suivi des tendances et des nouveaux résultats scientifiques et d’alerter d’avance les organisations et les gouvernements au sujet des questions et des menaces émergentes pour leur permettre de réagir en temps voulu.

- Catalyser les connaissances : outre la préparation des éléments nécessaires à une deuxième évaluation mondiale, il s’agira d’entreprendre régulièrement des évaluations intégrées indépendantes sur les changements affectant la biodiversité et les services écosystémiques ou d’informer d’autres processus d’évaluation menés dans ce domaine.

- Soutien politique et communication : il s’agira d’appuyer les partenaires concernés en leur fournissant les informations scientifiques requises : Pour mieux comprendre les changements survenus dans la biodiversité et les services écosystémiques et leurs implications sur le bien-être humain ; Pour faciliter le suivi de l’évolution de la biodiversité et des services écosystémiques, et l’établissement de rapports en la matière ; Pour regrouper et diffuser les informations scientifiques de façon à répondre aux besoins des partenaires concernés.

Les partisans d’un IPBES pensent que cette plate-forme permettrait de placer la biodiversité et les services écosystémiques au cœur des décisions, de la même manière que cela a été fait pour le changement climatique grâce, en grande partie, au travail mené par le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat /Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC), qui mène depuis 1987 une évaluation rigoureuse et une présentation efficace des savoirs scientifiques sur le changement climatique.

Jean Louis Borloo, ministre d’État ministre de l’Écologie, a précisé sur ce point « qu’il s’agisse de lutte contre le changement climatique ou de protection de la biodiversité, nous faisons face, dans les deux cas, à une menace commune, nécessitant une implication de tous les Etats, sur la base de données scientifiques fiables. Le GIEC est une vraie réussite car il permet aux Gouvernements de fonder leur décision sur un diagnostic objectif. Il n’y aucune raison pour que nous ne soyons pas capables de faire la même chose en matière de biodiversité ».

Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a ajouté que « tout le long du processus consultatif, il y a eu une demande de plus en plus forte pour une expertise sur la biodiversité, qui soit indépendante, intergouvernementale, non prescriptive, impliquant l’ensemble des parties prenantes et qui présenterait aux décideurs des résultats pertinents. Ce futur IPBES devrait pouvoir combiner ces caractéristiques pour être capable de placer la biodiversité en tête de l’agenda politique comme nous le souhaitons tous fortement ».

Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, a de son côté insisté sur l’importance de la biodiversité pour le développement et la lutte contre la pauvreté. Pour Alain Joyandet, « il s’agit d’intégrer plus efficacement la biodiversité dans toutes les politiques de développement. Cessons de la penser uniquement à travers ses emblèmes animaliers (gorilles, tigres) ou conceptuels (bien public mondial) pour la considérer avant tout comme l’ensemble des ressources naturelles essentielles pour la survie de l’humanité. Engageons nous pour que la biodiversité soit créatrice de richesses pour les communautés locales dans un souci de croissance partagée. A ces égards, l’IPBES sera capable de développer la même capacité d’alerte, de proposition et de décision que le GIEC. »

La conférence de Putrajaya devrait produire des recommandations sur IPBES qui seraient soumises à décision lors du conseil d’administration du PNUE en février 2009.

Lien vers la plate-forme IPBES pour la sauvegarde de la biodiversité.

Journal de l'environnement 06/11/2008

L’avant-projet de loi Grenelle II confirme le projet de création des trames vertes et bleues, décliné à l’échelle nationale, régionale et locale. Son opposabilité aux grandes infrastructures sera toutefois précisée dans un décret en Conseil d’Etat.

Le texte prévoit en outre de renforcer la protection des habitats naturels des sites Natura 2000 et des collectivités d’Outre-mer. Des plans de conservation sont également instaurés pour les 131 espèces en danger critique d’extinction de la liste rouge de l’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN), la plupart présentes dans les territoires d’Outre-mer. Enfin, la création d’une structure chargée de la mise en œuvre des politiques de connaissance et de protection du patrimoine naturel de la Guyane est proposée.
Afin de satisfaire l’engagement du Grenelle de protection des 20.000 hectares de zones humides menacées dans les 5 ans, les agences de l’eau seront habilitées à acquérir ces zones en cas d’échec des options de reconquête et de restauration et hors de la compétence du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres (CELRL). Enfin, une simplification des procédures de révision des chartes et de classement des parcs naturels régionaux est prévue.

Caribbean Net News
Published on Tuesday, November 4, 2008

CAMBRIDGE, England: Of the 770 bird species occurring in the Caribbean, 148 are endemic, with 105 confined to single islands. But only around 10 percent of the region’s original habitat remains, and 54 of the Caribbean’s bird species are globally threatened, of which 12 are Critically Endangered.

BirdLife's newly-published Important Bird Areas of the Caribbean: key sites for conservation [1] is a milestone for the BirdLife Caribbean Programme, which began in 2001. BirdLife International and its Partners, and a range of other organisations, have identified, documented and mapped 283 internationally significant Important Bird Areas (IBAs) in the Caribbean.

IBAs are key sites for the conservation of birds and biodiversity, and the building blocks for conservation planning. They are identified nationally, using data gathered locally and applying internationally agreed criteria.

But this Caribbean network of key sites faces a large number of diverse threats, and among the book's most disturbing findings is that 43% are wholly outside formal protected areas.
"Not only do almost half the sites lack any kind of protection, but a number of areas described as parks have no proper infrastructure or staff, and many lack management plans", said David Wege, BirdLife's Caribbean Programme Manager.
The number of IBAs identified per territory varies from one each in Bermuda, Navassa and Saba, to 39 in the Bahamas. The IBAs range in size from Bayfield Pond and East Point Pond in Barbados – both one hectare – to the 530,695 ha Ciénaga de Zapata in Cuba.
51 of the Caribbean's threatened species (11 Critically Endangered, 18 Endangered and 22 Vulnerable) are represented within the Caribbean IBA network. Ten threatened species (all national endemics) are each thought to occur in just one IBA. "These IBAs are clearly of critical importance for the long-term survival of these species and must be a priority for targeted conservation actions or surveys as appropriate", said Wege.
The IBA network can be (and is already being) used as a tool to review existing national protected areas systems, identify gaps in coverage, and identify candidate sites for expansion or designation of protected areas to address these gaps.
"Conservation of the Caribbean IBA network would assist national governments and donors to meet their commitments under international agreements like the Convention on Biological Diversity", David Wege continues. "But IBA conservation can also be important for socio-economic development. The ecosystem goods and services provided by IBAs often contribute significantly to human livelihoods."

 

The Caribbean region as covered by this book includes Bermuda and all islands of the Bahamas, Greater Antilles (Cuba, Hispaniola, Jamaica and Puerto Rico), Virgin Islands, Cayman Islands, Lesser Antilles, Netherlands Antilles, and Trinidad and Tobago. This represents 13 independent nations, and six UK, six Dutch, and three US overseas territories, two French overseas départements and two French overseas collectivités.
It does not cover the Central and South American islands on the fringes of the Caribbean Sea. The IBAs of Colombia and Venezuela (including their Caribbean islands) were covered in Important Bird Areas in the Tropical Andes (BirdLife International 2005), and those of the Central American countries will be treated in an IBA directory currently in preparation.

RCI.FM  

Les services de démoustication du département vont donc être à pied d’œuvre en cette veille du week-end de la Toussaint. Pour la 11ème année, l’opération TOUSSAINT va être reconduite dans toutes les communes de l’île. Objectif : lutter contre la prolifération du moustique responsable de la transmission de la dengue, l’AEDES AEGYPTI. A Sainte Marie par exemple, les agents du Centre Communal d’Insertion Sociale vont sensibiliser les visiteurs qui vont se rendre dans les cimetières de la commune. Avec un message principal : remplacer l’eau des vases à fleurs sur les tombes par du sable mouillé.

FDF - 31/10/2008 10:23

 

www.journaldelenvironnement.net 24/10/2008 13:10
La Commission européenne souhaite que la politique commune de la pêche (PCP) intègre davantage une approche de la gestion du milieu marin basée sur les écosystèmes. Chercheurs et ONG sont favorables à cette démarche.

La Commission européenne a engagé un réexamen de la PCP réformée en 2002 (1). «Rien n’a changé depuis. Il faut mettre en place une réforme plus importante pour mettre fin à la crise», estime François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France. La Commission publiera un livre vert au premier trimestre 2009, qui sera soumis à consultation en vue d’une mise en œuvre de la nouvelle réforme de la PCP en 2012.11 avril dernier: la Commission européenne publie une communication sur le rôle de la gestion de la pêche dans la mise en œuvre d'une approche écosystémique de la gestion du milieu marin. 29 et 30 septembre: le Conseil encourage la Commission à poursuivre ce travail, qui était déjà l’un des objectifs du règlement de 2002 sur la conservation et l'exploitation durable des ressources halieutiques dans le cadre de la PCP. «Il existe des actions isolées pour conserver les écosystèmes. Pour la première fois, il s’agira d’avoir une approche unique pour protéger le milieu marin, en ne traitant plus la pêche comme un secteur isolé», explique la Commission européenne, ajoutant que désormais, «les avis scientifiques doivent prendre en compte les aspects écosystémiques».

En 2001, une soixantaine d’Etats membres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont signé la déclaration de Reykjavik visant à renforcer la gestion responsable et durable de la pêche dans l'écosystème marin, et à améliorer «la base scientifique» dans ce domaine. Pour François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace France, l’approche écosystémique est nécessaire car qualitative, à la différence de l’approche par quotas qui est quantitative: «On l’a vu avec la crise du thon rouge, et celle du cabillaud à Boulogne-sur-Mer, rappelle-t-il, la gestion actuelle des ressources est inefficace.».

La communauté scientifique, dont l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), se penche donc sur le fonctionnement et l’évolution des écosystèmes marins. «On prend du recul par rapport à l’objet de recherche pour mieux évaluer les contraintes diverses qui pèsent sur son devenir, non seulement la pêche, mais aussi l’industrie, l’agriculture…», explique Patrick Prouzet, responsable du programme Demostem (Démarche écosystémique pour une gestion intégrée des ressources halieutiques) à l’Ifremer. Selon lui, les données économiques et sociales liées à l’activité de pêche doivent aussi être intégrées. «La biologie ne sera plus le seul angle de vue, mais un élément d’appréciation et de caractérisation du système Pêche parmi les autres», précise-t-il.

Une telle approche requiert donc une collaboration entre diverses disciplines scientifiques, mais aussi entre acteurs liés au monde marin (professionnels de la pêche, ONG…). «Il y a déjà eu des approches écosystémiques à des échelles diverses, dans la rade de Brest, ou la baie du Mont Saint-Michel, -même si elles étaient davantage qualifiées d’approches ‘intégrées’», note Patrick Prouzet. Au niveau européen, le projet Indicang sur la répartition de l’anguille a impliqué des acteurs français, espagnols et britanniques. «L’approche écosystémique à grande échelle ne peut pas se faire pays par pays (…) Il faut travailler avec des outils et sur des champs d’expérimentations communs», estime Patrick Prouzet. Pour faciliter la prise en compte des différents facteurs affectant les écosystèmes marins (pêche, pollution…) et de mettre fin à l’approche sectorielle actuellement en place, Greenpeace propose de son côté que les ministres européens chargés de l’environnement et chargés de la pêche travaillent ensemble.

Pour l’heure, l’ONG a espoir qu’un moratoire sur la pêche au thon rouge en Méditerranée soit mis en place, l’Union mondiale pour la nature (UICN) venant de se dire favorable à une telle mesure. La réponse viendra en novembre de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Iccat), alors qu’un comité d’experts qu’elle a elle-même commandité a déjà appelé à la suspension immédiate de la pêche au thon rouge en Atlantique et en Méditerranée…