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The Barbados Advocate 02/19/2009
IN 18 months five Caribbean films will be afforded the opportunity to benefit from international promotion following the developmental assistance that their production teams will receive from a pilot project.

Yesterday, the United Nations Industrial Development Organisation (UNIDO), in association with the Caribbean Export Development Agency (CEDA), and the CARICOM Secretariat, launched a project aimed at empowering creative entrepreneurs in the audio-visual industry sector of the Caribbean to make their mark beyond their respective island boundaries.

The region-wide project provides a framework and platform that will help entrepreneurs establish a distinct presence at international film festivals as well as among potential distributors and producers/investors in the film business.

US$220,000.00 was provided by the Government of Turkey through UNIDO for the funding of the project, and additional grant funding is being sought from other development partners.

Executive Director of CEDA, Philip Williams, stated at a news conference held at their offices, as part of the agenda for a Regional Steering Committee Meeting for the project, that regional film production teams will be provided with technical assistance and business linkage inputs, under the Cinematic and Entrepreneurship Motivation Awards (CEMA).

The teams, which will be known as the “CARIBfilm Dream Teams” must have persons from at least two countries in the region and will be required to complete production of the films in one year.

The international promotion of these five films will help to provide new opportunities for distribution and networking for filmmakers from the region.

In the near future a call will be made for proposals from regional film teams, in order to facilitate the success of the project.

Williams stated that the project “was initiated as a result of the greater emphasis being placed at the regional and national levels in CARIFORUM on the development of cultural industries as an important component of the sustainable development strategy for the region.”
The development of these indigenous, creative industries, he argued, “is expected to contribute to poverty reduction, diversification of the tourism product and positively engage youth in the region.”

According to the United Nations Conference on Trade and Development (UNCTAD), creative industries contribute as much as seven per cent of the world’s GDP and are forecast to grow at an average of 10 per cent per annum in the near future.

As a result, the push is being made regionally to develop an industry to the point that it can benefit financially from this future growth.

The Steering Committee Meeting continues today, and participants include representatives from the film industry across the various territories, regional organisations, and UNIDO. (RH)

UN News New York, Feb 18 2009 12:00PM

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et la société d'informatique Microsoft ont signé cette semaine un accord destiné à mettre à profit les solutions de technologies de l'information et de la communication (TIC) pour faire face aux défis environnementaux actuels.

La signature a eu lieu mardi lors de la 25e session du Conseil d'administration du PNUE et du Forum ministériel mondial sur l'environnement qui porte sur le thème de "la mondialisation et l'environnement ", au siège du PNUE à Nairobi, Kenya.

Le partenariat se concentre sur les moyens d'aider les parties prenantes dans le domaine de l'environnement - y compris le PNUE et d'autres organisations internationales, les gouvernements, les organisations non-gouvernementales et les chercheurs - à travailler plus efficacement en faisant usage des nouvelles technologies.

"Nous voyons notre partenariat avec Microsoft comme crucial pour fournir des solutions à une communauté de 190 nations et au système des Nations Unies dans son ensemble. La capacité du PNUE à mobiliser des technologies de l'information et des plateformes pour l'échange d'informations relatives à l'environnement est déterminant pour le travail commun sur les questions environnementales", a déclaré le directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner.

"Sans un accès équitable à l'information et sans la capacité des pays en développement à accéder sur un pied d'égalité aux négociations d'accords cruciaux, tels le traité sur le changement climatique ou la convention sur la biodiversité, nous ne rencontrerons pas beaucoup de progrès", a-t-il ajouté.

Le PNUE et Microsoft collaborent depuis 2006 sur Research4Life, un partenariat public-privé qui inclut un réseau environnemental nommé OARE. Research4Life fournit un accès aux dernières recherches scientifiques par le biais d'une bibliothèque en ligne de plus de 7.500 revues scientifiques examinées par des pairs, livres, et bases de données, mis à disposition à bas ou sans frais pour les pays en développement par 130 éditeurs. OARE se concentre sur l'information environnementale, fournissant aux scientifiques, praticiens et politiques des pays participants, les informations dont ils ont besoin pour mettre en oeuvre des programmes ciblés et prendre des décisions judicieuses pour l'environnement.

La plateforme a déjà un impact important sur les communautés, notamment dans la Vallée du Rift au Kenya où des chercheurs ont utilisé des ressources OARE pour traiter la pollution du bassin hydrographique de la Rivière Njoro par le biais d'une série de programmes, ce qui a conduit à une réduction des maladies transmises par l'eau au sein de la population locale et à une utilisation plus propre de la rivière.

Le PNUE et Microsoft développent des plateformes de connaissances pour un meilleur échange d'information et une meilleure collaboration entre les groupes environnementaux et les gouvernements. Par exemple, la plateforme du PNUE 'Vue globale pour l'environnement' (Global View for the Environment) utilisera Microsoft Single View et Virtual Earth pour représenter les images satellites de réserves d'eau douce du PNUE, présentant l'information visuellement et rendant ainsi son accès et son interprétation plus simples.

Un autre projet est la mise à jour de la Base de données mondiale sur les zones protégées (World Database on Protected Areas - WDPA) et de la plateforme en ligne maintenue par le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du PNUE. WDPA permet aux principales compagnies minières du monde d'accéder aux informations nécessaires pour éviter d'empiéter sur des zones protégées.

"Les défis environnementaux d'aujourd'hui, tels le changement climatique, la pollution et la dégradation des écosystèmes, requièrent une réponse globale et complète de tous les secteurs de la société", a déclaré Rob Bernard, Stratège en chef de l'environnement, engagement de Microsoft envers le PNUE et ses objectifs.

UN News
New York, Feb 19 2009 10:00AM
Sur les quelques 6.000 langues existant dans le monde, plus de 2.500 d'entre elles sont menacées, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (<"http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=2902&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html">UNESCO) qui a lancé jeudi à Paris la version électronique de la nouvelle édition de son Atlas des langues en danger dans le monde.

L'Atlas, présenté à la veille de la Journée internationale de la langue maternelle (21 février), permet des recherches selon plusieurs critères et classe les 2.500 langues en danger répertoriées suivant cinq niveaux de vitalité différents : vulnérable, en danger, sérieusement en danger, en situation critique et éteinte (depuis 1950).

Les données sont inquiétantes : Plus de 200 langues se sont éteintes au cours des trois dernières générations, 538 sont en situation critique, 502 sérieusement en danger, 632 en danger et 607 vulnérables.

L'Atlas précise, par exemple, que 199 langues comptent moins de dix locuteurs et 178 autres langues entre 10 et 50 locuteurs. Parmi les langues éteintes depuis peu, il cite le mannois de l'île de Man, éteint en 1974 avec le décès de Ned Maddrell, l'aasax de Tanzanie, éteint en 1976, l'oubykh de Turquie, éteint en 1992 avec le décès de Tevfik Esenç, l'eyak d'Alaska (Etats-Unis), éteint en 2008 avec le décès de Marie Smith Jones.

« La disparition d'une langue aboutit à la disparition de nombreuses formes de patrimoine culturel immatériel, en particulier du précieux héritage que constituent les traditions et les expressions orales --; des poèmes et légendes jusqu'aux proverbes et aux plaisanteries --; de la communauté qui la parlait. La perte des langues se fait aussi au détriment du rapport que l'humanité entretient avec la biodiversité, car elles véhiculent de nombreuses connaissances sur la nature et l'univers », a souligné le directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura.

Le travail effectué par les linguistes qui ont collaboré à l'Atlas (plus de 30) montre que le phénomène de disparition des langues se manifeste dans toutes les régions et dans des conditions économiques très variables. En Afrique subsaharienne, où environ 2.000 langues (près d'un tiers du total mondial) sont parlées, il est très probable qu'au moins 10% d'entre elles vont disparaître au cours des cent prochaines années. L'Atlas constate par ailleurs que l'Inde, les Etats-Unis, le Brésil, l'Indonésie et le Mexique, des pays ayant une grande diversité linguistique, sont aussi ceux qui comptent le plus de langues en danger. En Australie, il dénombre 108 langues se trouvant en danger à des degrés divers. En France métropolitaine, 26 langues sont en danger : 13 sérieusement en danger, 8 en danger et 5 en situation vulnérable.

La situation telle que présentée dans l'Atlas n'est cependant pas systématiquement alarmiste. Ainsi, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le pays qui enregistre la plus grande diversité linguistique de la planète (plus de 800 langues y seraient parlées) est aussi un de ceux qui auraient relativement peu de langues en danger (88). Aussi, bien qu'elles soient indiquées comme éteintes dans l'Atlas, certaines langues font l'objet d'une active revitalisation, comme le cornique (Cornouailles) ou le sîshëë (Nouvelle Calédonie), et il est possible qu'elles redeviennent des langues bien vivantes.

De plus, grâce à des politiques linguistiques favorables, plusieurs langues autochtones ont vu augmenter le nombre de leurs locuteurs. C'est le cas de l'aymara central et du quetchua au Pérou, du maori en Nouvelle-Zélande, du guarani au Paraguay et de plusieurs langues du Canada, des Etats-Unis et du Mexique.

L'Atlas montre aussi que pour des raisons économiques, du fait de politiques linguistiques différentes ou de phénomènes sociologiques, une langue n'a souvent pas le même degré de vitalité suivant les pays où elle est parlée.

Pour Christopher Moseley, linguiste australien et directeur de publication de l'Atlas, « il serait naïf et simpliste d'affirmer que les grandes langues qui ont été des langues coloniales --; tel l'anglais, le français et l'espagnol --; sont partout responsables de l'extinction des autres langues. Le phénomène relève d'un subtil équilibre des forces et cet Atlas permet à chacun de mieux comprendre cet équilibre ».

L'Atlas est un outil numérique interactif et pourra être complété, corrigé ou actualisé en permanence, grâce à la contribution de ses utilisateurs.
Feb 19 2009 10:00AM

La Nouvelliste, 18/02/09

   
   

Les consommateurs haïtiens pourront dans un avenir pas trop loin disposer d'un téléphone fonctionnant à l'énergie solaire. Cette technologie moderne est l'oeuvre d'un équipement chinois, le ZTE qui l'a dévoilé ce mercredi à Barcelone lors du Congrès mondial de la téléphonie mobile. Ce nouvel appareil sera vendu à un prix modéré dans les pays en développement, informe l'AFP.

En Haïti, ce téléphone dont le prix tourne autour de
40 dollars (32 euros), sera distribué par la compagnie Digicel. Les îles Samoa et Papouasie Nouvelle-Guinée bénéficieront de cette nouvelle technologie toujours grâce à l'opérateur et rouge blanc.

"Nous estimons qu'il y a dans le monde plus de 2 milliards de personnes qui ont un accès limité voire inexistant à l'électricité", a expliqué lors d'une conférence de presse Wang Yong Zhong, directeur général des terminaux de ZTE, qui espère vendre "plusieurs centaines de milliers" d'exemplaires de ce téléphone dès la première année.

Le mobile, baptisé Coral-200-Solar, se recharge grâce à un mini panneau solaire situé à l'arrière du téléphone.

Après une heure en plein soleil, l'appareil peut fonctionner pendant 15 minutes de communication, selon ZTE, qui a précisé que le mobile pouvait aussi être rechargé normalement par un chargeur électrique.

L'équipementier chinois a indiqué qu'il était en discussion avec plusieurs autres opérateurs intéressés par ce téléphone.

Le sud-coréen Samsung avait annoncé lundi à Barcelone le lancement d'un téléphone mobile qui peut se recharger avec la lumière naturelle ou artificielle, mais à destination du marché européen.

Baptisé "Blue Earth (Planète bleue), ce téléphone à écran tactile, dont le lancement est prévu au second semestre 2009, est lui aussi doté d'un capteur solaire situé au dos de l'appareil.

Son compatriote LG Electronics a également présenté un prototype similaire, sans donner de date de lancement.

UN News
New York, Feb 18 2009 10:00AM
Les lauréats 2009 des bourses MAB pour les jeunes scientifiques, ainsi que de la bourse Michel Batisse de gestion de réserve de biosphère ont été annoncés par le Bureau du Conseil international de coordination du programme de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (<"http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=2902&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html">UNESCO) sur « L'homme et la biosphère » (programme MAB).

Depuis 1989, le MAB accorde chaque année à dix jeunes scientifiques des bourses pouvant aller jusqu'à 5.000 dollars, afin d'encourager de jeunes chercheurs à entreprendre des travaux interdisciplinaires sur les écosystèmes, les ressources naturelles et la biodiversité, dans la droite ligne du programme MAB qui se consacre aux interactions durables entre les populations et leur environnement.

Les lauréats 2009 et leurs projets sont :

Marina Rubtsova (Fédération de Russie) : effet de l'éducation/sensibilisation à l'environnement et du développement touristique sur les communautés locales en Sibérie centrale ;
Taher Ghadirian (Iran) : conservation des forêts de mangroves servant de lieux de reproduction à plusieurs espèces d'oiseaux dans la réserve de biosphère Hara ;
Deni Rayn Villalba (Mexique) : intégrité de l'écosystème et participation communautaire en matière de ressource en eau, Réserve Calakmul ;
Yun Son Suk (République populaire démocratique de Corée) : mise en place d'un réseau de suivi de la biodiversité (technologie 3S) dans la réserve du Mont Kuwol ;
Khalid Osman Hiwytala (Soudan) : impact de la migration frontalière de la tribu Umbararow dans la réserve de biosphère Dinder ;
Peggy Prisca Ouoko Yangounza (République centrafricaine) : contribution à l'étude d'impact de l'exploitation forestière sur les patrimoines culturel et naturel chez les pygmées Aka de la Commune de Balé-Loko ;
Steeve Ngama (Gabon) : évaluation du degré de dépendance alimentaire des communautés riveraines de la Réserve de biosphère d'Ipassa à Makokou, vis-à-vis de la faune sauvage ;
Ana Maria Abrazua Vasquez (Chili) : établissement des bases d'une étude à long terme de la biodiversité endémique sur l'Archipel Juan Fernandez ;
Paula Irrazabal et Soledad Contreras (Chili) : impact des perturbations sur l'habitat des mammifères dans le Parc et réserve de biosphère Torres del Paine ;
Surima Orto Pozo (Cuba) : plan de gestion pour la conservation des orchidées dans leur habitat naturel, Réserve de biosphère Sierra del Rosario.

La bourse Michel Batisse - dotée de 6.000 dollars et décernée tous les deux ans à une étude de cas portant sur la gestion de réserve de biosphère --; est partagée cette année entre Boshra Salem (Egypte) pour « Travailler ensemble pour une meilleure subsistance dans la Réserve de biosphère Omayed » et Gorshkov Yu (Fédération de Russie) pour « Gestion de la nature, conservation, restauration de la diversité du paysage biologique et de l'activité socio-économique de la réserve de biosphère Grand Volzhsko-Kamsky ». La remise des bourses se déroulera en mai, lors de la réunion en République de Corée du Conseil international de coordination du MAB.

Les réserves de biosphère sont des sites qui font preuve d'approches innovantes en matière de conservation, de sciences écologiques et de développement durable et qui sont reconnus comme tels par le Programme MAB. Il existe actuellement 531 réserves de biosphère MAB réparties dans 105 pays.
Feb 18 2009 10:00AM
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Source : http://www.scidev.net/

 

Katherine Nightingale

 

 

 

13 février 2009 |

 

Lorsque la start-up américaine United Villages s'est fixée comme objectif d'améliorer l'accès à Internet en Inde rurale, elle se proposait de libérer les pauvres en leur apportant les outils de l'ère numérique.

 

Le groupe installa donc des terminaux Internet dans des villages reculés et attendait que la révolution s'opère. Trois ans plus tard, si la technologie a certes changé la vie des villageois, cela ne s'est pas fait de la manière qu'envisageait United Villages. Plutôt que de payer afin de pouvoir envoyer des messages électroniques et naviguer sur la toile, les villageois préfèrent en effet envoyer leurs demandes de recherche à quelqu'un qui s'occupe de trouver des réponses, qui leur sont ensuite transmises en format de fichier pdf (Portable Document Format).

 

Les évangélistes de l'Internet, de l'Afrique de l'Ouest jusqu'au Sri Lanka, constatent ainsi que leurs efforts destinés aux 80 pour cent de l'humanité qui n'a toujours pas accès à l'Internet donnent parfois des résultats inattendus. Si les communautés rurales participent à l'ère numérique, c'est à leur manière.

Internet sur un char à boeufs

United Villages n'est qu'un groupe parmi tant d'autres qui déploient la connexion 'asynchrone' dans le monde en développement, et leur nombre ne cesse de croître. Ils se fondent sur une approche qui ne nécessite ni des kilomètres de câble ni une connexion en temps réel, ce qui la rend bien moins onéreuse.

 

Les connexions asynchrones utilisent un logiciel permettant d'aligner en file des données (tels que des messages électroniques, des demandes de recherche sur Internet et des demandes de téléchargements spécifiques) prêtes à être transférées.

 

Ces informations sont stockées sur un clé de stockage USB puis transportées, par delà des hauts cols ou des pistes cahoteuses qui n'ont jamais vu de câble, jusqu'à une connexion Internet éloignée. L'autre solution peut consister à les stocker sur un ordinateur équipé de la technologie sans fil, puis attendre l'arrivée d'un dispositif permettant une connexion, par exemple un outil de stockage de données installé à bord du bus qui relie le village chaque jour.

 

D'autres encore choisissent de travailler hors connexion, et ne se connecte à Internet qu'en soirée ou pendant le week-end, lorsque les tarifs téléphoniques sont moins chers.

 

L'accès à Internet peut ne pas être instantané, mais une mémoire USB transportée sur une moto dans un nuage de poussière, ou à bord d'un char à boeufs cahotant, peut souvent transférer plus d'informations qu'une connexion par ligne téléphonique. Et grâce à la connexion différée, le client évite la frustration des téléchargements lents - il suffit de revenir plus tard et récupérer les informations sollicitées une fois qu'elles sont prêtes.

La messagerie électronique délaissée

Lorsque Geekcorps a ouvert ses premiers centres multimédia dans les zones rurales du Mali en 2006, cet organisme international à but non lucratif plaçait beaucoup d'espoir sur ses connexions Internet asynchrones.

 

Dans un village de la région de Koulikoro dans le sud-ouest du Mali, un cybertigi solitaire (dérivé du mot Bambara tigi qui signifie commerçant) était jadis l'opérateur de l'unique 'PC du désert', un ordinateur robuste conçu spécialement par Geekcorps pour les climats chauds.

 

Le cybertigi proposait des programmes élémentaires de 'bureautique', des services de scanner et de photocopie, de photographie numérique et d'accès aux médias tels que les DVD et la musique, ainsi qu'un service de messagerie électronique. Il répondait aussi aux demandes pour visionner des pages Web. Sa source d'énergie ? Un unique panneau solaire de 22 watts de puissance. La connexion? Une mémoire de stockage USB transportée une ou deux fois par semaine par un mototigi jusqu'à un télécentre équipé d'une connexion Internet situé loin de là, à Ouelessebougou.

 

C'était un nouveau moyen passionnant de connecter le village au reste du monde. Mais Olivier Alais, directeur des programmes de Geekcorps au Mali, explique que le projet fut abandonné à peine un an plus tard, en raison d'une faible demande.

 

Ce résultat était peut-être prévisible, quand moins du quart des populations vivant hors de la capitale sait lire et écrire. Comme le relève Alais, si les Maliens des zones rurales veulent effectivement communiquer avec le reste du monde, ils se tournent plutôt vers la radio ou les téléphones portables.

 

C'est probablement ce qui explique l'énorme succès de l'émission 'radio browsing' (navigation par radio) rencontré par la radio communautaire Kothmale, sur un autre continent, au Sri Lanka . Son principe : les présentateurs effectuent des recherche Internet pour apporter en direct à l'antenne des réponses aux demandes des auditeurs.

 

Au Mali, Geekcorps a donc tourné son attention vers quelque chose de plus populaire; les bases de données hors connexion comme le Moulin, une version française de Wikipedia, mise à jour tous les ans, et téléchargeable sur CD ou sur clé USB. Pour l'instant, les cybertigis vont continuer à proposer des services de communication et d'information, mais resteront hors connexion.

Faire du profit grâce Internet

Amir Hasson, fondateur et Directeur général de United Villages en Inde, a dû procéder à des ajustements similaires.

 

Son organisation utilise un système appelé DakNet - dak signifiant 'la poste' en Hindi – qui associe la technologie sans fil à n'importe quel moyen de transport disponible pour connecter environ 400 villages indiens reculés.

 

Au passage du bus qui dessert quotidiennement ces villages, ce ne sont pas que les passagers qui montent à bord, mais l'information aussi. Le bus est équipé d'un dispositif de stockage permettant aux informations transférées depuis l'ordinateur installé dans un kiosque du village de voyager sans frais. C'est un moyen beaucoup moins cher et moins gourmand en énergie de transférer des informations sur de si petites distances – du kiosque du village jusqu'au bus – plutôt que sur de longues distances entre le village et la ville.

 

Mais le projet de Hasson qui consistait à commercialiser l'accès aux messages électroniques et à Internet aux villageois s'est avéré non rentable.

 

'Nous avons compris très vite que ne pourrions pas survivre [en proposant uniquement des services de messagerie électronique et des pages web]. ça change tout de s'attendre à ce que les gens paient' précise-t-il.

 

Mis à part quelques utilisateurs avides de messagerie électronique, généralement une poignée de jeunes ou d'étudiants dans chaque village, il était 'difficile de convaincre les gens de l'utilité de faire les choses autrement'.

 

United Villages a ainsi compris qu'il fallait que ses services permettent aux villageois de gagner ou d'économiser de l'argent. Le groupe a donc commencé à proposer des abonnements à des bases de données d'offres d'emploi et des réservations de voyage. Plus tard, elle a lancé un service dénommé 'infoguru', par lequel un villageois soumet sa question par email à un gourou de l'information qui se trouve en ville. Le gourou navigue sur Internet et lui envoie une réponse en format de fichier pdf, dans la langue du demandeur.

 

Plus récemment, l'organisation s'est lancée dans le commerce électronique. Les villageois peuvent consulter un catalogue laissé dans un kiosque du village qui abrite l'ordinateur, commander sans fil des articles qu'ils iraient acheter normalement en ville, qui leur sont livrés au village, parfois lors du passage du prochain bus.

 

Nous avons connu un succès incroyable, déclare Hasson, surtout avec les commerces des villages qui peuvent maintenant acquérir des marchandises moins chères et faire des économies en évitant d'aller en ville. Pour chaque US$ 1 gagné par United Villages, précise-t-il, les villageois clients gagnent en moyenne US$ 1,34.

 

Mais très peu des activités actuelles de United Villages sont liées à Internet, et aucune n'est relative à la navigation sur la toile, commente Hasson. Il s'agit plutôt de créer un réseau numérique local utile.

 

"Nous construisons un canal numérique menant à une population très difficile à atteindre,"dit-il. Il explique comment son organisation a changé de tactique, partant d'une approche où elle se disait 'Bon, nous avons mis au point cette merveilleuse technologie, essayons maintenant de convaincre les populations de les adopter' avant de se pencher plutôt sur une toute autre question : 'Quels sont les besoins réels de ces populations auxquels cette technologie peut répondre ?'

 

La vraie déception, c'est le fait que l'Internet n'a aucune importance pour beaucoup de gens. Pour Hasson, Internet est 'presque exclusivement en anglais et son contenu n'a, en grande partie, rien à voir avec les réalités locales [des villages]. Il n'existe pas beaucoup de sites qui traitent des problèmes de ces communautés.'

Des écoles sont connectées

Mais si les adultes ne trouvent pas leur compte sur Internet, les écoles si. Internet propose une variété de ressources éducatives, et apprendre à utiliser Internet et les TIC serait un atout pour la carrière future des enfants, selon Dave Wood, ingénieur systèmes chez Wizzy Digital, un organisme américain à but non lucratif.

 

Dans la province rurale du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, Wizzy Digital a aidé six écoles à s'équiper d'un accès Internet, soit avec l'option de courrier numérique (utilisant à un mémoire de stockage USB) ou avec une connexion par ligne téléphonique différée.

 

Avec de ordinateurs relativement vieux et peu onéreux, voire de seconde main, connectés à un seul serveur utilisant une technologie baptisée 'client léger', un équipement modeste a pu être utilisé - avec beaucoup d'efficacité.

 

Avec une connexion par ligne téléphonique différée, les écoles équipées d'une connexion Internet peuvent transmettre des messages électroniques stockés et télécharger ce dont elles ont besoin pendant la nuit, et travailler hors connexion en journée.

 

Environ 200 MB de données, soit à peu près 40.000 messages textes ou 1600 pages Web, peuvent ainsi être téléchargés pour environ sept rands sud-africains (environ 70 centimes de dollar).

 

Dans une des écoles ayant recours au système du courrier, le directeur joue le rôle de 'mule', s'arrêtant chaque matin et soir dans un autre établissement scolaire muni d'une connexion Internet, pour télécharger les informations du jour.

 

Selon Wood, l'approche de Wizzy Digital consiste à permettre aux écoles de déterminer elles-mêmes leurs besoins.

 

"Vous pouvez voir tout ce que le réseau propose, vous pouvez stimuler votre appétit ou utiliser un ensemble de technologies : des logiciels de traitement de texte, des tableurs etc., les essayer et voir ce qui vous intéresse… Vous y habituer, élever vos enfants en les y familiarisant et ainsi, ils les utiliseront pour ce dont ils ont besoin."

 

Les projets de connexion asynchrone ont un énorme potentiel, mais souffrent d'un manque de coordination et sont encore trop rares. Ils auront à faire face au doute, jusqu'à ce que les gens trouvent un moyen de les rendre utiles et de les adapter aux besoins locaux.

 

United Villages croit certainement en l'avenir d'une connexion des villages reculés au numérique. Le groupe envisage atteindre deux milliards de personnes à travers des réseaux numériques d'ici 2015. Pour atteindre un tel objectif, il leur faudra bien plus que quelques bus supplémentaires.

Un News
New York, Feb 12 2009 11:00AM
Des experts de la technologie, des universitaires, des responsables des Nations Unies et des professionnels du développement sont réunis de mercredi à vendredi à New York pour une conférence qui a pour but d'explorer les façons concrètes de déployer les technologies de la téléphonie mobile et d'Internet pour lutter contre la pauvreté et la maladie dans les régions les plus pauvres du monde.

« Le défi ici, cette semaine, consiste à placer l'innovation et la technologie au service de l'humanité », a déclaré la directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (<"http://www.unicef.org/french/index.php">UNICEF), Ann M. Veneman, à l'ouverture de cette conférence de trois jours, appelée Web4Dev: Innovation for Access (« Conférence sur le web au service du développement : l'innovation pour l'accès »).

Mme Veneman a invité les participants à travailler ensemble pour trouver des solutions nouvelles à des problèmes anciens, en particulier le manque d'accès à l'information et aux services de santé et de nutrition dont souffrent les communautés pauvres et isolées.

Web4Dev: Innovation for Access est la cinquième d'une série de réunions annuelles organisées par les Nations Unies pour présenter les effets positifs des technologies modernes sur le développement. Les conférences Web4Dev précédentes ont été organisées par la Banque mondiale (2003, 2005), le Département de l'information des Nations Unies et l'Alliance mondiale TIC et développement (2006) et ONU-Habitat (2007).

La conférence organisée par l'UNICEF tirera les enseignements de programmes en place qui ont prouvé leur efficacité et s'en inspirera. Une de ces innovations est une initiative de surveillance sanitaire par texto (SMS) menée au Malawi par l'UNICEF et Columbia University et qui a déjà été primée. Elle offre aux agents de santé ruraux les moyens d'utiliser la téléphonie mobile pour collecter des données sur la santé et la nutrition des enfants et recevoir immédiatement des conseils d'experts sur des interventions sanitaires essentielles.

« Au Malawi, les agents de santé se servent de textos pour envoyer, depuis des communautés isolées, des informations instantanées sur la malnutrition pour s'assurer que des fournitures essentielles puissent arriver à temps, et dans les quantités voulues - pour prévenir des souffrances et des décès », a déclaré Mme Veneman.

La conférence se réunit autour de quatre grands thèmes : améliorer l'accès à l'information et établir des communautés de pratiques; partager les connaissances; utiliser les dernières technologies pour le suivi et l'évaluation; et acheminer les fournitures nécessaires dans les zones reculées et lors des situations d'urgence.

Feb 12 2009 11:00AM
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Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus d'information http://www.un.org/french/newscentre/

Novethic'Info n°343

Alors que la polémique autour des effets sanitaires du Wi-Fi dans les bibliothèques parisiennes tourne à l'affrontement politique, Dominique Belpomme a présenté lundi 12 janvier, lors d'un colloque organisé à l'Assemblée Nationale, les premières conclusions de ses observations sur le « syndrôme de l'intolérance aux champs électromagnétiques ». Son expertise médicale n'a toutefois pas été retenue par la Mairie de Paris.

Au deuxième sous-sol, l'Assemblée Nationale fait salle comble. Le colloque « Téléphonie mobile, Wifi, Wimax et santé » était organisé par le député vert Noël Mamère, en relation avec les associations Robin des Toits et Criirem (Centre de Recherche et d'Informations sur les Rayonnements Electromagnétiques). Dans l'assistance, entre les politiques et les associatifs, se pressent de nombreux anonymes, casquette sur la tête, gilet maillé d'argent ou foulard laiteux noué autour de la nuque. Sensibles aux champs électromagnétiques du Wifi ou du téléphone mobile, ces personnes atténuent la force des rayonnements ambiants à l'aide de tissus spéciaux, « blindés ».

 

Mobile cancérigène, mutagène et reprotoxique ?
« Je n'ai pris conscience que depuis quelques mois de l'extrême gravité des pollutions par champs électromagnétiques. Jusqu'alors, je me posai la question. Notamment en matière de survenue de leucémies infantiles à proximité des lignes haute tension, » explique le professeur Dominique Belpomme, cancérologue à l'hôpital Georges Pompidou. « Nous avons eu en consultation près de 80 personnes souffrant d'un syndrome d'intolérance aux champs electromagnétiques (SICEM). Cette forme extrême se distingue de l'électrohypersensibilité que nous pouvons tous ressentir. »

 

« Aujourd'hui, avec les téléphones mobiles, nous avons dépassé la ligne jaune du tolérable sanitaire. L'exposition chronique aux champs électromagnétiques est source d'effets génotoxiques ou de cancers. Un cadre de maladies que j'appelle « CMR », c'est à dire cancérigène, mutagène ou reprotoxique, » poursuit le Président de l'ARTAC, qui souligne également le danger pour les femmes enceintes et leur fœtus.

 

Sortir de la psychiatrie
Pour le professeur Belpomme, l'intolérance aux champs electromagnétiques est une maladie du système nerveux central, évoluant par périodes. « Nos examens ont montré des variations du débit vasculaire dans le cerveau et l'apparition de protéines de stress. Si la corrélation des dosages avec le syndrome d'intolérance se confirme, nous aurons peut-être un test prédictif, » espère le chercheur. L'objectif, avec ces critères, est de dresser un véritable tableau clinique en mesure d'aider le médecin généraliste à différencier les symptômes et pouvoir porter un diagnostic. « Et ne plus systématiquement orienter en psychiatrie les personnes présentant cette intolérance. »

 

En Suède, la prise en charge sociale de l'électrosensibilité est toute autre. Reconnu comme un handicap fonctionnel, l'électrosensibilité devient alors un objet de lobbying afin de rendre les lieux de vie et espaces publics « accessibles » aux personnes intolérantes. Au même titre que d’autres handicaps, il s'agit de soigner l'environnement et non plus l'individu.

 

Le droit à un environnement « électro-accessible » ?
« Les employeurs ont le devoir d'adapter le poste de travail pour limiter ses rayonnements électromagnétiques et le rendre compatible avec l'état de la personne. La Ville de Stockholm peut prendre en charge certains travaux liés au logements, comme la pose de papier peints blindés ou l'accès au gaz au lieu des plaques électriques, » témoigne le professeur du Karolinska Institute Olle Johansson, également présent au colloque. Ce droit des personnes handicapées de vivre comme tout le monde est garanti par une convention des Nations Unies que l'ensemble des Etats développés ont signé, la Suède comme la France, a-t-il rappelé.

 

Le Wifi met à mal le dialogue social à Paris
Pour l’heure, l'atmosphère reste électrique entre les Affaires Culturelles de la Ville de Paris et les bibliothécaires touchés par l'intolérance au Wifi. Après une première alerte sanitaire d'une quarantaine de salariés et une campagne de mesures confirmant le respect des normes en vigueur, la mairie a décidé en octobre 2008 de rebrancher les bornes sans fil incriminées. Sans concertation, ni audition du Professur Belpomme, proposé par les organisations syndicales.
Pourquoi la Mairie de Paris a-t-elle récusé l'expertise du Professeur Belpomme ? Un communiqué de Maïté Errecart, adjointe au maire de Paris en charge des ressources humaines, précise les raisons. Si l'adjoint en charge de la culture, Christophe Girard, (président de la Commission Hygiène et sécurité (CHS) de la Direction des Affaires Culturelles), n’a pas retenu ce thème, c'est parce que « ce sujet dépasse très largement les compétences du CHS et que la Ville organisera en mars prochain une conférence de citoyens « Ondes, Santé, Société ». »

 

Le syndicat Supap-FSU dénonce lui une politique du fait accompli. La question du droit de retrait de deux employées des bibliothèques parisiennes « wifisensibles » a été écartée de l'ordre du jour du CHS prévu le 13 janvier 2009. Tout comme l'impact sanitaire de la technologie de radio-identification (RFID), rappellent ensemble la CGT, FO, UNSA et Supap-FSU. Ces entorses à la procédure ravivent les tensions sociales accumulées. Exaspérés, les représentants du personnel ont décidé de boycotter les réunions du CHS des Affaires Culturelles.

Maxence Layet
Mis en ligne le : 21/01/2009

Novethic'Info n°342

Si les investissements dans les technologies propres essuient un léger revers sur le quatrième trimestre 2008, le bilan de l’année passée reste largement positif, compte tenu de la conjoncture économique. Cependant, les secteurs du solaire et de l’éolien risquent de connaître une année 2009 bien moins florissante. Le secteur des green IT, lui, reste le grand favori des capital-risqueurs.

Au sortir du Web 2.0 Summit, début novembre 2008, Dominique Piotet, président de l’Atelier BNP Paribas à San Francisco, rapportait sur le site internet ITRManager.com que « le vert est LE sujet dont il faut parler dans la région » de la Sillicon Valley. Les « greentech » semblent bien avoir supplanté le fameux 2.0, cette nouvelle utilisation du web, à la fois communautaire et interactive, dans la catégorie des technologies prometteuses. C’est en tout cas ce que laissent entendre les nombreux bilans de l’année 2008 sur le sujet. Selon Cleantech Group, réseau de recherches et de services, les investissements des capital-risqueurs occidentaux dans les technologies propres ont dépassé les 8,4 milliards de dollars en 2008. Soit, malgré une activité moindre au quatrième semestre, une hausse de 38% par rapport à 2007. Le solaire reste le secteur favori, dominé par la levée des fonds du groupe Solyndra (qui depuis sa naissance en 2005, a levé plus de 600 millions de dollars). Viennent ensuite l’éolien, la gestion des réseaux intelligents, et les agrocarburants.
En Europe et Israël, c’est d’ailleurs l’éolien qui rafle l’augmentation des investissements la plus généreuse : une hausse de 294 % par rapport à 2007, avec plus de 322 millions de dollars. Pourtant, l'indice Bloomberg de l'énergie éolienne a perdu 54 % sur l’année, et l'indice WilderHill Clean Energy, qui regroupe des valeurs solaires, comme les américaines SunPower et First Solar, s’est effondré de 70 %. Conséquences immédiates de la crise économique : la chute vertigineuse des prêts financiers , indispensables aux projets du secteur n’a pas épargné les renouvelables

 

La bulle spéculative autour des « valeurs vertes », couplée à la conjoncture économique défavorable risquent donc de ralentir fortement la tendance dans les prochains mois. Déjà, le cabinet d’audit Ernst & Young rapporte que la moitié des institutions qui investissaient dans les renouvelables ces deux dernières années sont sorties du marché en raison de la crise. Les producteurs d’énergie ont d’ailleurs revu à la baisse leurs investissements et perspectives de croissance pour l’année à venir. D’autant que le secteur solaire est aujourd’hui en surcapacité de production : il serait en mesure de produire 11 GigaWatt de panneaux solaire en 2009, soit le double du marché actuel. L’euphorie des « greentech » renouvelables semble donc vouée à s’essouffler, pour laisser place à des investissements sans doute moins nombreux, mais davantage sécurisés.

Ce que cleantech veut dire

Cleantech : désigne les techniques et services industriels qui utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau ... avec une perspective d’amélioration importante de l’efficacité. Générant moins de déchets ou de toxicité, ces technologies garantissent en théorie une performance identique ou supérieure aux technologie traditionnelles. Greentech : synonyme de Cleantech, le terme est employé de façon équivalente. En France, aucun des deux n’a encore pris définitivement le pas sur l’autre, et les termes « éco-activités innovantes », « éco-innovations » ou « ecotechs » peuvent être également considérés comme synonymes. Green It : encore appelé Green computing, ce que l'on pourrait traduire par « informatique écologique », est avant tout un concept marketing devenu une tendance technologique réelle, qui consiste à réduire l'empreinte écologique des matériels informatiques.

 

L’informatique verte ne connaît pas la crise

 

Pour autant, cette baisse de régime épargne un secteur émergent des technologies vertes : celui des « green It », autrement dit « l’informatique propre ». Le cabinet d’étude américain Forrester Research vient de publier les conclusions d’une enquête menée auprès d’un millier de sociétés (dont un tiers d’européennes) : « le ralentissement de l'économie ne va pas empiéter sur les efforts pour rendre les opérations informatiques plus efficaces et moins néfastes pour l'environnement. » L’étude révèle notamment que plus de 67% des entreprises interrogées investissent dans les green IT pour réduire leur facture énergétique (contre 55% l’an passé), quand 42% expliquent leur motivation par « l’envie de faire le nécessaire pour protéger l’environnement. » Ces conclusions rejoignent celles de l’enquête menée par le cabinet IDC, sous l’impulsion de Dell, auprès des Directions informatiques de 450 de sociétés européennes. 34 % des entreprises françaises auraient ainsi déjà mis en place des initiatives « green IT » (contre 51% en Allemagne, 47% au Royaume Uni et 36% dans les pays nordiques). Frank Gers, président d’IDC souligne par ailleurs que la plupart des entreprises considèrent cette mutation de leurs systèmes de gestion de l’alimentation, non plus comme une source de coûts supplémentaires, mais bien comme un moyen d’optimiser leurs dépenses à long terme. Hewlett Packard estime par exemple à un milliard de dollars les économies réalisables en « verdissant » son système d’information. De son côté, Google entend bien optimiser les systèmes de gestion de ses centres de traitement des données, dont la facture d’électricité est le deuxième poste budgétaire après les salaires.

 

Devant cet engouement pour l’informatique propre, et conscient de son réel potentiel, tant sur le plan économique qu’en matière de réduction des dépenses énergétiques, le gouvernement français vient d’annoncer la création d’un groupe de réflexion sur les green IT dans le courant du mois de janvier. Christine Lagarde, ministre de l’Economie, et Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de l’industrie et de la consommation, ont donc confié à ses futurs membres plusieurs missions, visant toutes à « rendre les Technologies de l'information et de la communication (TIC) moins polluantes et à favoriser leur utilisation au service du développement éco-responsable des entreprises. »

Novethic'Info n°342

Forte de son attractivité scientifique et économique, l'agglomération lyonnaise ambitionne de devenir un leader européen des technologies propres, ces « cleantech » qui fleurissent dans les discours des politiques et industriels. Pourtant, la France reste en retard derrière ces voisins européens, Allemagne en tête. La Sillicon Valley hexagonale mise donc tout sur l'innovation, pour rattraper le peloton de tête.

« Il faut se baser sur l'existant pour développer davantage les technologies propres. » David Kimelfeld, vice président du Grand Lyon chargé du développement économique, insiste sur la nécessité de promouvoir l'innovation au sein des pôles de compétitivité de la communauté urbaine du Grand Lyon. A eux trois, ils génèrent en effet près d'1,7 milliards d'euros de chiffre d'activité, plus de 130 000 emplois et couvrent l'ensemble des cleantech. Lyon Urban Truck & Bus (LUTB), pôle chargé des technologies du transport, Axelera, pôle Chimie et environnement, et Tenerrdis, pôle régional en charge des énergies renouvelables rassemblent ainsi près de 750 « éco-entreprises ». Labellisés "pôle de compétitivité" (label national délivré par le gouvernement), ils constituent une véritable pépinière en matière de R&D et d'applications industrielles. « La communauté urbaine attribue une enveloppe de 18 millions d'euros aux projets d'innovation », rappelle David Kimelfeld. « Nous soutenons également à hauteur de 3 millions d'euros les entreprises pépites, au fort potentiel de développement. »
De surcroit, le Grand Lyon souhaite devenir « un véritable territoire d'expérimentation », en réalisant quelques projets pilotes tout juste sortis des laboratoires de recherches. Dernier exemple en date, l'installation par Renault Trucks de moteurs hybrides mis au point par LUTB sur les véhicules de collecte des ordures. Ou encore Rhodanos, projet de traitement des eaux industrielles et urbaines, dont l'impact économique régional est estimé à 50 millions d'euros de chiffre d'affaires, 4600 emplois crées, et 200 consolidés, selon Axelera.
Mais pour dégager l'espace nécessaire au développement des cleantech, une mobilisation de l'outil foncier s'impose. L'accueil des activités est déjà prévu sur deux sites stratégiques : le campus universitaire de la Doua (dans le cadre du Plan Campus initié par Valérie Pécresse en février 2008), et la fameuse Vallée de la Chimie, en mutation depuis la fin des années 90.

Un label pour l'innovation Le label « pôle de compétitivité » est attribué par une décision du comité interministériel d’aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT). Ce comité, présidé par le Premier ministre, fixe les orientations du gouvernement en matière d’aménagement du territoire. Les pôles de compétitivité sont au nombre d e71 depuis le CIACT du 5 juillet 2007.

Un nouvel eldorado de la chimie ?

 

Directeur adjoint de l'IRCE Lyon (Institut de recherche sur la catalyse et l'environnement), Jean-Marie Herrmann apporte également son savoir-faire au comité scientifique d'Axelera. « Nous avons un fort potentiel dans la région : nos bonnes écoles côtoient les industries voisines, et les interactions entre les deux sont nombreuses et productives. » Car c'est ce qui fait la renommée de cette zone d'attractivité : la proximité entre les centres académiques et les industriels concernés, qui y trouvent une main d'œuvre compétente. « Les entreprises du coin embauchent à tour de bras les jeunes qui sortent des écoles ou de l'IUT. Même les Allemands viennent les chercher, pour les renvoyer ensuite en France, à la tête de leurs succursales hexagonales ! »
Reste que les enjeux de la chimie verte sont nombreux. Notamment, la réduction drastiques des déchets de transformation, ou celle de l'utilisation des solvants. Jean-Marie Herrmann précise qu'« en chimie fine, celle des parfums ou des médicaments, 1kg de produit fini génère environ 100 kg de résidus. Nous travaillons résolument à diminuer ce rapport. »

 

Mutation difficile

 

Le potentiel lyonnais attire par ailleurs des investisseurs étrangers venus en nombre au dernier salon Pollutec, au mois de novembre dernier. « J'ai rencontré à plusieurs reprises des entreprises japonaises qui souhaitent investir dans les technologies propres en Europe. L'enjeu est de les inciter à préférer notre région aux centres de recherche allemands, leaders sur ce terrain. » Car la mutation industrielle de cette zone stratégique ne se fait pas sans remous : la fermeture de nombreux sites de production et les licenciements massifs suscitent la colère et l'inquiétude des acteurs locaux. Le cabinet de consultants Sofred, spécialisé en accompagnement de mutation économique, dénombre plus de 1 600 fermetures d'unités depuis 1998, du fait de la disparition progressive de la chimie lourde dans le bassin du sud lyonnais. Alain Charles, consultant chez Sofred, travaille avec le groupe américain Huntsman, propriétaire du site de Ciba à Saint-Fons, qui a fermé ses portes en 2008. « Quasiment tous les industriels du secteur font de la transformation de matière première, et se retrouvent confrontés aux problèmes des coûts et de la compétitivité internationale accrue. » Et si le pari de la chimie verte semble être la solution pour que la vallée retrouve son rayonnement international, la transition n'en reste pas moins longue et délicate, aux impacts économiques et sociaux encore incertains.

 

Anne Farthouat
Mis en ligne le : 12/01/2009